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que verront après lui passer dans les rues de Rome François Pétrarque et Gabriele d'Annunzio. Il l'aperçoit couronné de myrte, sur un char aux roues dorées, traîné par des colombes, s'avançant au milieu des acclamations du peuple, suivi par des jeunes gens et des jeunes filles captives, escorté par les Caresses, l'Erreur et la Fureur, ces inséparables compagnes. Tel, sans doute, sur quelque fresque ou quelque mosaïque, en quelque riche villa de Sulmone ou de Rome, avait-il contemplé ce triomphe amoureux*.
Cependant, pour se faire aimer, il n'a point d'autres avantages que ceux de l'intelligence : il n'a point sur lui le prestige que donne la gloire militaire et celui qui, de tout temps, a triomphé de tous les obstacles, la richesse.
Q,ue les femmes, dit Ovide, ne demandent au poète point d'autres présents que ses vers; il ne peut leur apporter les cadeaux que leur offre l'officier ou le nouveau riche, en ce siècle où tous se ruent à la poursuite des jouissances matérielles, rêvant de conquérir la terre, la mer, bientôt le ciel, oii la richesse, qui donne déjà les honneurs, voudrait aussi accaparer l'amour ^
Non, le poète ne peut rien donner à la femme aimée, rien, si ce n'est l'immortalité... Devant le luxe grandissant de Rome ou la gloire militaire, Ovide affirme avec force la noblesse et la valeur de l'esprit :
Nous aussi nous serons chantés par tout le globe Et nos deux noms seront toujours unis**.