A mores, III, xii
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et ne plus aimer. Q^uand Vénus a préside à notr-e naissance, on iiime et on crie ou l'on chante son amour, miiis quand c'est Minerve, intelligent avant d'être amoureux, pendant qu'on l'est et qu'on a cessé de l'être, on peut écrire un traité des passions, un discours sur les passions de l'amour, un essai sur l'amour, une physiologie de l'amour contemporain, ou l'art d'aimer... On peut s'appeler Descartes, Pascal, Stendhal, Bourget... on peut s'appeler Ovide...
Au reste, pour écrire un tel ouvrage, il faut que le premier feu de la jeunesse soit tombé et, de fait, si Ovide écrit les Amours entre sa vingtième et sa trentième année, c'est de sa trentième à sa quarantième ou quarante-deuxième année que l'on place communément la rédaction de V Art d'aimer. . .
L'art d'aimer... Bizarre idée, semble-t-il, que de donner ainsi des règles à ce qui semble par définition devoir se passer de règles :
Si parmi vous quelqu'un ignore l'art d'aimer,
Qu'il me lise et qu'il aime instruit par moi*.
Ainsi débute Ovide... On apprend à diriger les navires avec la rame ou la voile, à conduire un char, à mener un cheval, pourquoi n'apprendrait-on pas à diriger l'amour? Après tout, c'est un enfant, ce Cupidon. Ne