‹ OvideChapitre 50 sur 154 · HéroïDes, VI · texte numérisé non relu

HéroïDes, VI

Voici Didon, qui se plaint à Enée :

Tu veux fuir, et, laissant Didon à son malheur, Livrer au vent tes voiles et ta foi* î

Voici Ariane sur la plage de Naxos :

Sous la lune mes ^eux parcourent le rivage,

Et mes 3^eux ne voient rien que le rivage... Çà et là, de tous les côtés, folle, je cours;

Dans le sable profond mes pas s'enfoncent ; Je crie au long des flots et j'appelle Thésée î

Les rochers seuls me répètent ton nom ! Le pajsage seul me répond quand j'appelle

Et semble seul avoir pitié de moi...

D'un coteau rude, où sont tremblants quelques arbustes,

Un rocher pend sur les eaux mugissantes ; y y monte en un fougueux élan, et, de là-haut,

Je vois au loin s'élargir l'horizon.

Et, de là, sous les vents ennemis qui t'emportent,

Je vois s'enfler tes voiles qui s'enfuient*.

Voilà des accents pathétiques, de Taïnour, du désespoir, de la couleur aussi, du paysage, de Tazur, de la mer.

Voici, d'autre part, un nocturne en mer qui n'est pas non plus négligeable. Léandre écrit à Héro pour lui dire comment à travers THellespont il est venu vers elle à la nage :

La lune me prêtait sa lumière tremblante. Compagne officieuse de ma route...

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