‹ OvideChapitre 51 sur 154 · Ibl^,, X, i · texte numérisé non relu

Ibl^,, X, i

Ainsi parlais-jc aux Ilots, à la lune, à i;i nuit,

Kt je l'endals los eaux ([ui s'cntr'ouvraicnt. Les ondes renvo^.'iient l'image de la lime,

Dans la nuit calme et claire comme un jour. Point de murmure, nulle voix à mes oreilles.

Seul le Irisson des eaux où je glissais, Seul l'alc^yon fidèle à l'amour de Cé^x,

Qui répétait je ne sais quelle plainte. Mais, déjà, la fatigue accablant mes épaules.

Je m'élevais d'un bond vers la surface, Et, découvrant une lueur : « Voici mes feux,

Disais-je, ma déesse est sur la rive 1 » Et mes bras fatigués reprenant de la force.

L'eau me semblait plus molle encor qu'avant. Car, pour me garantir des froideurs de l'abîme.

J'ai mon amour qui brûle dans mon cœur\..

J'imagine ce jeune Ovide, sur le navire dont la voile l'emporte de Grèce en Asie Mineure, qui, debout, sur le pont, par une admirable nuit d'été, devant la Méditerranée, écoute déjà chanter à ses oreilles de tels vers accordés au murmure des vagues»

C'est là ce qu'on a trop peu remarqué dans l'œuvre d'Ovide. Cher à nos siècles classiques, il a été un maître pour les Précieuses, les faiseurs d'opéra, les beaux esprits du xvif siècle, pour les poètes légers du xviii^ ; ceux-ci naturellement ont aimé en lui le poète de salon et plus encore d'alcôve, mais il y a mieux chez lui. De façon peut-être inconsciente, parce qu'il hérite de la poésie alexandrine, ou de façon consciente, parce qu'il a parcouru deux ans les villes et les rivages de Grèce,

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