Aniores, III, I et XV
moyens d'une immense tragi-comédie. Mais, auteur dramatique, Ovide n'a point de public. Alors, il se réfugiera vers le poème. Vers quel poème? Vers l'épopée. Mais quelle épopée?
L'épopée nationale ? Après V Enéide, que peut-on en espérer encore ? Virgile, qu'Ovide admire profondément depuis l'adolescence, bien qu'il l'ait entrevu seulement*, a découragé sinon les versificateurs, au moins les vrais poètes, qui l'admirent trop profondément pour risquer un parallèle avec son œuvre, devenue classique dès son apparition, cette œuvre, plus grande que V Iliade, que Properce mourant avait annoncée à Rome.
L'épopée historique alors, à la façon de cet ami d'Ovide, Cornélius Severus, qui avait chanté la guerre de Sicile entre les flottes de Sextus Pompée et d'Octave^, ou de Rabirius, qui avait célébré la guerre civile et la victoire d'Actium^. Alais Ovide est trop grec pour se contenter de sujets aussi exclusivement romains; il aime trop la fable pour se bornera raconter l'histoire.
Reste alors l'épopée héroïque ou légendaire, à l'imitation d'Homère ou des Alexandrins. La recette en est aisée ; on choisit un héros du cycle tro3^en ou thébain, un Ajax, un Ulysse, un Thésée, un Persée, un Jason quelconque ; on transpose en latin ses av^entures, que d'autres ont contées en grec, avec interventions de