‹ OvideChapitre 55 sur 154 · P ont uj lies, W , xvi · texte numérisé non relu

P ont uj lies, W , xvi

LES mi:tamokpiiosi:s. 97

dieux cl cle déesses, grands combats, navigations, tempêtes, épisodes amoureux. On mélange le tout selon des proportions connues, et l'on a de la sorte un de ces innombrables poèmes, tels que les catalogues littéraires nous en signalent tant au siècle d'Auguste, tels qu'en composent les amis d'Ovide, dont il rappellera plus tard mélancoliquement le souvenir aimable ', son cher Macer, « le chantre d'Ilion », Pédon, « l'astre^ », Carus, qui célébra Hercule, Sabinus, Largus, Camerinus, Lupus, ïuticanus, auteur d'une Phéaciàe , et tant d'autres, dont les noms sont perdus ou dont les noms ne sont plus que des noms.

Ovide, habile versificateur, aurait pu, lui aussi, réussir en un tel genre. Mais, si « bon élève » qu'il ait été, si lettré qu'il soit resté, il est poète malgré tout, et, poète, il est à la recherche de l'inédit ou de ce qui est, à Rome au moins, de l'inédit. Et puis il redoute la monotonie du genre épique : pour avoir essayé de chanter la guerre des géants et des dieux, il est retombé, écrasé sous le poids des hexamètres entassés comme des blocs de rochers à l'assaut de l'Olj^mpe poétique.

De cette œuvre à laquelle il fait souvent allusion nul fragment qui nous soit parvenu. Faut-il croire qu'il a détruit lui-même ce premier exercice scolaire? En tout cas, il semble en avoir conservé une grande terreur de l'épopée continue, qui enferme le poète en un sujet unique, et fatigue le lecteur autant que l'auteur.

Page 1