Adonis
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tation des Grecs. Mais celle religion, si elle n'élail pas certes toute la religion de l'anliquilé gréco-i'omaine, n'était point en contradiction avec elle.
Dès lors, qu'importe que les histoires mythologiques soient vraies, si elles sont belles? Mais si Ovide n'est pas sans doute assuré qu'elles soient vraies, il ne l'est pas non plus qu'elles ne le soient pas, et son public tout comme lui. Volontiers il se partagerait, ce public, en deux camps, comme les compagnes de Leuconoc, discutant la possibilité de l'histoire qu'elle vient de conter : « Les unes disent que c'est impossible, les autres que, véritables, les dieux peuvent tout'. » Ou bien ils discuteraient comme Pirithoiis et Lelex : « Tu nous racontes des histoires, dit Pirithoiis, et tu attribues, Achelous, trop de pouvoir aux dieux, si tu crois qu'ils peuvent ainsi transformer les êtres. » Mais le sage Lelex : « La puissance des dieux, répond-il, est immense, elle est sans bornes, tout ce qu'ils veulent s'accomplit \ »
Voilà les deux opinions qui se partagent sans doute le public de Rome comme celui de la Grèce. Toutes ces histoires ne sont pas des articles de foi, comme dirait un chrétien. Un païen respectueux de la religion officielle n'est pas strictement obligé d'y croire, pas plus qu'un chrétien n'est tenu d'accepter pour dogmes tous les miracles attribués aux saints. Le christianisme a eu sa Lécjende dorée, qui a continué à sa manière, pour charmer les imaginations et leur besoin de merveilleux.