Jliélamorphoôcs, I
ii8 OVIDE.
nette, la création de l'homme façonné par un dieu ou par le fils de Japhet, Prométhée :
Q^uand tous les animaux sont courbés vers la terre, Il éleva le front de l'homme et lui permit De regarder le ciel et de fixer les astres*...
Telles sont les premières des jfléianiorphoses ; on le voit, il ne s'agit point seulement ici de contes mythologiques, éloignés de nous; une telle histoire nous intéresse toujours. Et la science moderne s'accorde pour un tel tableau avec la poésie antique.
Et sans doute Ovide n'a rien inventé, il reproduit les théories de la théogonie grecque, qui coïncident au reste sur bien des points avec le récit de la Genèse et les hypothèses de nos savants, si bien que, malgré les ans écoulés, tout ce début de son poème rend un son assez moderne, et que cette métaphysique poétique, grâce au vague de ses larges descriptions, a moins vieilli somme toute que l'atomisme matérialiste de Lucrèce. Bien plus, dans la poésie latine, je dis même celle de Virgile, peu de tableaux sont aussi larges, et c'est à juste titre que sont restés célèbres les vers, que j'ai essayé de traduire plus haut, mais qui sont intraduisibles, par lesquels le poète nous montre l'homme levant, le premier, le seul, sa ièie vers les cieux :
Pronaque cum spectent animalia cœtera terram, Os homini sublime dédit, cœlumque tueri Jussit, et erectos ad sidéra tollere vultus.