Mélain., VIII
LES M1:TAM0RIMI0SKS. 129
î>ui stMnblc insulTivSanl, ;i lui ; plus il absorbe,
Plus il désire emplir son ventre insatiable.
Tel l'Océan reçoit toutes les eaux du monde
Et non content des siens boit tous les flots des fleuves,
Tel le feu qui toujours accepte un aliment
Et brûle sans compter tout ce qu'on lui fournit
Et devient plus vorace au cœur de l'abondance,
Ainsi Erisichthon accepte tous les mets
Et les demande en même temps; la nourriture
N'est plus pour lui qu'une raison de se nourrir,
Et le gouffre se creuse à mesure qu'il mange '
Les passages sont innombrables, où s'affirme une telle virtuosité qu'on ne peut d'ailleurs apprécier que dans le te:s.te et dont les traductions que je risque ici ne donnent qu'une faible approximation.
Réaliste quand il le faut, cet Ovide sait, quand il le faut, devenir le romancier délicieux de Pyrame et Thisbé, ces premiers romanesques qu'un mur sépare et réunit; de Philémon et Baucis, modèles des vieux époux, dont le bonheur est devenu proverbial; de Céyx et d' Alcyone, histoire pathétique où la Méditerranée brille à l'horizon, avec ses voiles et ses périls ; de Pygmalion, amoureux de la statue qu'il a créée.
A ce symbole de toute âme de poète qui rêve d'infuser la vie à la création de son esprit, Ovide, ce poète des poètes, ne saurait donner assez de soins ; c'est avec un goût minutieux qu'il en développe l'histoire passionnée; il décrit la statue :
C'est vraiment une vierge, on la croirait vivante,