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LES METAMORPHOSES. i3i
Sa bouche presse enfin une bouche vivante ; La vierge sent aussi ses baisers et rougit, Et vers le jour ouvrant des prunelles timides, Elle voit à La fois le ciel et son amant
Ici, Tart d'Ovide s'anime, à l'égal de la statue; il s'anime plus encore dans tout ce qui est prière, invocation, plaintes, monologues de tragédie, et que se complaît à écrire cet auteur dramatique, à la carrière vite interrompue.
Le jeune virtuose de Sulmone est devenu, on le voit, dans sa pleine maturité, capable d'orchestrer les thèmes les plus divers; comme ce Protée, dont, après les poètes grecs, il a décrit les mille transformations, « plus qu'à son tour il change », ainsi que le dit notre Moréas, et si parfois il revêt la figure d'un froid et fâcheux rhéteur, qui a laissé de mauvais modèles à nos Boileau, quand il décrit le palais du Sommeil, la demeure de l'Envie ou la Renommée*, plus souvent il reste un véritable artiste, souple et charmant, capable de sculpter la vaste frise du combat des Lapithes et des Centaures, comme les gracieux bas-reliefs où sourient et pleurent Pomone, Galathée, Alcyone, Europe, Aréthuse, Thisbé ou la nymphe Echo —
La nymphe Echo et le beau Narcisse ! Entre toutes les histoires racontées par Ovide, celle-ci, par son char-