‹ OvideChapitre 78 sur 154 · A mores, III, Xlli · texte numérisé non relu

A mores, III, Xlli

j\, Faôtes, II, 3-9'.

mais du bout des lèvres, de n'en point jouer d'autre. Voilà mon service militaire, dit-il fièrement; le premier venu peut porter le casque et ceindre Tépée; et, en Romain peu militariste, nous l'avons vu, il exalte de nouveau par-dessus tout l'œuvre poétique.

Et cette œuvre-ci, plus que toutes peut-être parce qu'elle est la plus malaisée; c'est elle qui l'oriente à Rome loin des frivolités de sa jeunesse; c'est elle qui le consolera dans ses journées et ses nuits mélancoliques de Tomes. Un jour qu'il a l'occasion d'y évoquer les compagnons d'Énée et le héros Solymus qui donna son nom à Sulmone, il revoit soudain dans son rêve la petite ville qu'il a de moins en moins l'espérance de revoir en sa modeste et chère réalité, la fraîche Sulmone. Hélas] s'écrie-t-il, qu'elle est loin de la terre scythique ] « Q^uoiî si loin, ajoute-t-il, mais étouffe, ô Muse, tes plaintes. Les chants sacrés ne veulent point de lyre en pleurs ! » Et, séchant ses larmes d'exilé, il revient tout entier à sa tâche*.

Car sa tâche, quand il quitte Rome, est loin d'être terminée. Si les yJIétainorphoseà h, cette date sont presque achevées, bien qu'Ovide les ait sans doute encore retouchées en exil, je l'ai dit, et qu'il ait voulu les brûler, à l'imitation de Virgile, comme indignes de lui avant son départ de Rome, les Fasteé sont alors en gestation.

Ovide en amasse les matériaux en consultant luimême les livres des pontifes, trois et quatre fois^ quand

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