‹ OvideChapitre 81 sur 154 · FaôLcj-, I · texte numérisé non relu

FaôLcj-, I

LKS FASTICS.

fcies ci (les dieux, j'allais dire des saints, toutes les belles histoires que l'on raconte, encore toute une légende dorée, moins brillante (jue celle des dieux grecs, mais plus intime et plus touchante parce qu'elle tient de plus près au cœur du pays — Le calendrier poétique et religieux, voilà le sujet admirable qu'Ovide avait trouve, antique et moderne à la fois, dont plus tard d'autres poètes sentiront la beauté et la force de propagiinde : Roucher, Lemierre^ à la fin de notre dixhuitième siècle; Mistral, quand il veut devenir le poète national de la Provence et qu'il illustre à sa laçon V Armana Proiii^ençau, Francis Jammes quand il écrit

V ALnianach du Pocic RiurLlquc Le calendrier de Rome,

voilà l'œuvre qui eût fait d'Ovide, s'il l'avait réalisée, le poète le plus profondément romain que nous aurions connu. Voilà l'œuvre qu'on étouffa dans son cœur brisé, par crainte peut-être qu'il ne devînt ce grand poète romain qu'il voulait être et ne prît sur le cœur d'Auguste vieillissant cette influence qu'il était opportun pour certains, nous le verrons, de ne pas lui laisser prendre. Et le sujet était d'autant plus vivant que le calendrier romain était alors dans toute sa nouveauté, puisqu'il avait été l'objet d'une importante réforme, celle que Jules César en avait faite en l'an 47 avant Jésus - Christ, c'est-à-dire quatre ans avant la naissance d'Ovide, quelque quarante ans avant le temps où le poète concevait le projet d'écrire les Faites, La date de cette réforme n'était point assez reculée pour que, beaucoup de gens ayant souvenir de l'ancien calendrier, on ne parlât encore de ce changement dans les usages

et pour un temps où l'actualité brûlait moins vite les étapes qu'en notre siècle de téléphone et d'automobile, c'était encore un almanach tout neuf que celui dont l'existence n'avait pas encore un demi-siècle.

La réforme avait été heureuse, puisque le monde romain et chrétien a vécu sur elle jusqu'à Grégoire XIII. Heureuse et nécessaire; quand elle fut faite, la plus extrême confusion régnait dans le décompte du temps. S'il fallait en croire Ovide et ses contemporains. Tannée, aux premiers temps de Rome, n'aurait comporté que dix mois. « Tu connaissais mieux les armes que les astres ^ », dit en souriant Ovide à Romulus, auquel il attribue cette division, essayant d'expliquer ce décompte par le temps de la grossesse, ce qui eût d'ailleurs rendu Romulus aussi ignorant en gynécologie qu'en astronomie. Le premier mois aurait été alors le mois de mars, dédié au dieu de la guerre par les Romains, peuple guerrier, mois des premiers beaux jours où l'on peut se mettre en campagne; puis seraient venus, comme aujourd'hui, avril, mai, juin, puis quintilis et sextilis, appelés ensuite juillet et août en l'honneur de Jules César et d'Auguste, et puis les mois reprenaient comme aujourd'hui, de septembre à décembre, les numéros qu'ils ont gardés dans leurs noms, tant nous sommes conservateurs, en dépit des temps chrétiens et de Fabre d'Eglantine.

Ovide, avec tous les gens de son temps, attribue à Numa l'établissement de l'année de douze mois, janvier

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