Faôles, I, 29 et III
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et février ayant été ajoutés, soit en tête, soit en queue de Tannée primitive. Ces mois toutefois, réglés sur le cours de la lune, ne comportaient que trois cent cinquante-cinq jours et, pour corriger les choses, on était obligé d'intercaler, tous les deux ans, fin février, un mois de vingt-deux ou vingt-trois jours appelé inercedoiuué. Le compte, malgré ce coup de pouce, n'était point encore juste; tous les quatre ans, on avait douze jours de trop, si bien qu'en 460 avant Jésus-Christ les décemvirs firent une réforme nouvelle et chargèrent les pontifes de veiller sur les mois intercalaires, qu'on devait ajouter en temps opportun pour empêcher la disparité des années solaires et des années officielles. Mais le compte fut si mal tenu et les choses s'enchevêtrèrent si terriblement que l'on arrivait, au temps de César, à un décalage de plus de deux mois. Pour ordonner ce chaos chronologique, grand pontife en l'an 47, Jules César chargea l'astronome alexandrin Sosigène de rectifier les choses; on eut de la sorte l'année de trois cent soixante-cinq jours en douze mois, avec tous les quatre ans un jour intercalaire que l'on plaça le sixième jour V après les calendes de février, d'où son nom de bissextué calendaruin et le nom d'année bissextile. Le compte cette fois était presque exact, pas tout à fait encore cependant; Auguste fut obligé de faire, en l'an 8 avant Jésus-Christ, une correction, dont Ovide ne parle point; d'ailleurs, il manquait encore à l'année onze minutes douze secondes, ce qui fait qu'en 1682 on avait perdu de nouveau dix jours et que Grégoire XIII fut obligé, à son tour, d'introduire la réforme sur
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laquelle nous vivons et que Russes et Grecs n'ont point encore acceptée.
Je n'insiste point sur ces faits que l'on peut revoir et compléter dans toutes les encyclopédies : toutefois, il importait de les rappeler brièvement pour bien comprendre l'intérêt qu'avait alors la tentative d'Ovide. Illustrer ce beau calendrier julien, tout neuf encore et retouché tout récemment par Auguste lui-même, c'était contribuer à l'établissement des temps romains, au bon ordre de l'Etat, c'était à sa façon chanter un chant séculaire, qui devait se prolonger fort avant dans les siècles, puisque ce calendrier allait servir de base à la vie de tout l'Empire pendant seize cents ans et même, sauf le petit coup de pouce grégorien, jusqu'à nos jours.
Ovide ne devait point manquer de célébrer cette réforme * ; il louait César d'y avoir songé au milieu de tant de soucis, de n'avoir pas cru cette tâche indigne de lui, et il ajoutait qu'il avait voulu de la sorte, ayant réglé l'année selon le cours du ciel qui lui était promis, ne pas entrer en étranger un jour dans les demeures célestes. La flatterie était d'importance, comme l'œuvre elle-même, celle de César et celle d'Ovide.
A cette œuvre, Ovide s'applique avec zèle, un zèle que rebutent parfois peut-être bien des difficultés, des noms, des dates, des détails souvent bien abstraits, auxquels il faut donner un tour poétique ; mais il a juré dé surmonter toute difficulté. Comme il est conscien-