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Faites, II

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ment parce qu'Ovide trouve le moyen d'orner ce calendrier de quelques histoires mythologiques et de quelques galants épisodes, mais surtout parce que les fêtes romaines y revivent avec leurs rites et leur pittoresque. Jetons sur elles un coup d'oeil rapide.

Au mois de janvier d'abord, sous l'invocation de Janus au double visage, ce portier de l'Olympe, ce saint Pierre du paganisme, qui, seul des Immortels, regarde le temps qui fuit et celui qui vient, ce sont les fêtes du premier jour de l'an. C'est le jour où l'on échange des souhaits ; en habits de fête le peuple monte au Capitole, où l'on sacrifie de jeunes taureaux devant les magistrats nouveaux. Du haut de sa citadelle, Jupiter Capitolin, regardant l'orbe du monde, n'y voit rien qui ne soit romain. On s'offre des dattes, des figues sèches, du miel, afin que l'année prenne la saveur de toutes ces douceurs, et je songe aux desserts de la Noël, ces calendes de décembre, en Provence, où sur les tables toutes ces friandises apparaissent... On se fait aussi des cadeaux en argent, et ce ne sont pas les moins appréciés du temps d'Ovide comme de nos jours.

En ce mois de janvier, après les agonales et les carmentales, qui n'ont plus d'intérêt pour nous, voici les fêtes sémentales, dont le sens, aussi vieux que la terre, est toujours actuel; c'est l'instant où le blé commence à laisser pointer ses tigelles vertes au-dessus du sol. Alors les villageois, pour fêter l'heureuse promesse de la moisson, couronnent les taureaux devant la crèche pleine et suspendent la charrue inutile jusqu'à la saison prochaine. C'est l'instant du repos; on fait cuire au

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four (les gâicaiix, on tue le cochon, on invoque Cérès, et c'est une page des GéorijLqucs tout à coup au milieu de ces Fasli\s\ On invoque aussi la Paix, qui permet le travail des champs et que César Auguste a rendue au monde. Après ces longues années où nos laboureurs aussi ont été arrachés à la terre, de tels accents reprennent une sorte d'actualité. Kcoutons-en un instant le ton joyeux et grave :

Mon poème m'amène à l'autel de la Paix,

Le second jour avant la fin du mois... O Paix, les; cheveux ceints des lauriers d'Actium,

Viens et sois douce à l'univers entier. Plus d'ennemis, plus de triomphe, mais ta gloire

Convient mieux à nos chefs que le triomphe. Il ne faut plus s'armer que pour ne plus s'armer ;

Que le clairon n'appelle plus qu'aux fêtes, Q,ue le globe du monde ait peur des fils d'Enée,

Et, si la peur n'y suffit, qu'il les aime. Prêtres, jetez l'encens aux flammes pacifiques ;

Frappez le front de la blanche victime. Vive, autant que la Paix, la race qui l'apporte.

Faites-en la prière aux dieux cléments^ !

Février est consacré au culte des morts et des

ombres ; c'est notre novembre, son nom vient des cérémonies expiatoires, Februarla, On va placer des fleurs sur les tombeaux, quelques grains de blé, un peu de sel. C'est la fête du silence. C'est la fête des familles aussi, les Charisties, dont le nom vient de Grèce et dont les banquets laisseront quelque chose de ce nom aux agapes

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