Faôlfs, I
i6o OVIDE.
des premiers chrétiens ; banquets de famille dont il faut exclure les frères ennemis, les mauvaises mères, les belles-mères pires encore, les enfants qui supputent Tâge de leurs parents et Tinstant de leur héritage.
Sur cet héritage veille jalousement le dieu Terme, dont la fête suit tout naturellement celle de la famille, et pour célébrer ce dieu si romain, qui préside à la propriété rurale, Ovide trouve les plus ingénieux des accents. Il le montre solidement enraciné dans la terre, sous la forme d'une vieille souche ou d'une borne, honoré par tous les braves gens du voisinage, la vieille qui apporte les charbons de son feu dans un pot ébréché, le vieux qui allume un petit foyer devant le dieu, le petit garçon qui tient la corbeille pleine de grains de blé qu'il répand ensuite sur la flamme, la fillette qui offre un rayon de miel, les voisins qui arrosent le feu avec du vin, l'agneau ou la truie que l'on égorge, le repas pris en commun, tandis qu'on chante les louanges du dieu Terme * :
Tu bornes les cités, les villes, les royaumes.
Sans toi tout champ serait litigieux ; Sans nulle ambition, toujours incorruptible,
Tu gardes le terrain qu'on te coniie... Et poussé par le soc ou bien par le râteau.
Tu dis : « Voici mon champ, voilà le tien! »
Et Ovide ajoute, avec l'orgueil d'un bon Romain :
Les autres nations ont des limites fixes,
Mais Rome a pour domaine l'univers 1