‹ OvideChapitre 90 sur 154 · Faétes, I · texte numérisé non relu

Faétes, I

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Icics toujours, petites Quinquatrics, fûtes de Minerve de nouveau et des joueurs de (lûtes cju'elle protège ; ils firent jadis une grève célèbre, qui semblerait moins essentielle à la vie de hi cite en notre siècle pratique : ils en perpétuent le souvenir par une sorte de corso carnavalesque; enfin calendes juliennes, qui annoncent la gloire de César, car voici le mois de juillet, qui lui est consacré.

Ici s'arrêtent les Faj'letr d'Ovide.

On le voit assez, d'après ce bref exposé : les Fastes sont un précieux recueilde^ légendes, d'histoires popu- fi}<^T2?^ laires, un répertoire des usages, des fêtes, des cultes romainsf;;^en ce qui concerne les six premiers mois de l'année, ils suppléent pour nous à la perte des AntlijLiltés dmnes àe Varron, dont ils sont inspirés. Celui-ci distinguait les dieux des poètes, les dieux des philosophes, les dieux de la cité*. Les dieux des poètes, Ovide les avait mis en scène dans son immense tragi-comédie des JHétamorphoses, Voici maintenant qu'il invoquait les dieux de la cité. Ce n'est pas sans une certaine raison qu'un auteur du moyen âge appelait ce livre un « martyrologe ». Oui, si Ton prend ce mot de inariyr en son sens primitif de témoin, c'est bien là le livre qui témoigne le mieux de la vie religieuse de Rome.

Poète léger, dit-on de cet Ovide, amuseur spirituel, Mascarille mettant en madrigaux l'histoire romaine, compositeur mal inspiré écrivant son oratorio sur un mou-

1. "V^. Saint Augustin, Cllé de Dieu, VI, 5, ci Boissier, Élude éur Varron, p. 2o5.

I/o OVIDE.

vemeni de gavotte \ tel on se plaît à nous le présenter. Mais j'en appelle en sa faveur aux plus graves de nos vieux lettrés, au jésuite Rapin disant que cet ouvrage est le plus judicieux et du meilleur goût qui soit sorti de sa plume ; à Godeau, évêque de Vence, qui essaya de l'imiter, en écrivant les Fastes de l'Église ;k Lemierre, à Roucher, écrivant à son exemple les JHols et les Saisons, Imitations maladroites, mauvaises le plus souvent, mais qui montrent combien c'est un éternel sujet de poésie que le calendrier, selon lequel se déroule toute l'existence humaine. Kt sans doute par instants, en ce grave dessein, le poète des A mores reparaît-il, quand il conte plaisamment les déconvenues de Silène, de Mars, de Faune ou de Priape, sans doute aussi le brillant décorateur mythologique brossant de jolies fresques, ça et là, du ton des ^Métamorphoses, mais le plus souvent ce sont des histoires romaines, des fêtes, des divinités romaines qu'il célèbre. En lui revit soudain, après ses années de Rome, après l'école de Porcius Latro, après les salons et les salles de lecture, le petit enfant de Sulmone, d'un vieux sang pélignien, l'enfant intelligent, qui écoute et recueille les contes de la veillée, qui emporte en son cœur les souvenirs charmants des fêtes rustiques; il est l'interprète des traditions, des superstitions, des craintes, des espérances du citoyen de Rome et du paysan latin, dont quelques-unes ont survécu jusqu'à nos jours. Tout inachevé qu'il soit, ce Kvre a grande allure, et c'est pour tous les peuples latins une sorte de

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