R. PiCHON^ Hiâtoire de la liliérature laline, p. ^iS
LES FASTKS. 171
livre national. Si l'on voit se lever sur les vers de Virgile l'aube de la poésie chrétienne, on voit chez Ovide le rituel de la Rome religieuse, de la capitale spirituelle de l'univers, se condenser et se solidifier en un monument poétique, digne d'un meilleur sort. Quand le Premier Consul, après la Révolution, restaurait en France les églises et le culte catholique, Chateaubriand élevait cet admirable monument, qu'il appelait le Génie du chrlHiaiiisinc ; ainsi, tandis qu'Auguste rebâtissait les temples romains, Ovide, en deux poèmes qui se déroulaient parallèlement, célébrant les dieux des poètes et ceux de la cité, écrivait à sa manière un « Génie du paganisme ».
Llngucc crlmen habctu.
Ovide est chassé de Rome par Auguste. — Les causes de sa relégation à Tomes. — Diverses hypothèses. — La haine de Livie et de Tibère. — Le départ d'Ovide. — Son voyage vers le Pont-Euxin. — Son arrivée à Tomes.
Or, tandis que de son stylet infatigable, bien à Taise, allongé au frais de ses jardins*, Ovide tissait les tapisseries arachnéennes des JKétaniorphoéed ou bien ornementait le calendrier de Rome, — car il menait de front ce double travail, — voici qu'un jour de décembre, en Tan VIII après notre ère, il vit venir à lui un envoyé de l'empereur, centurion ou secrétaire, qui lui remit un écrit; il le lut, tremblant d'émotion plus que de surprise, — car cet ordre succédait sans doute à quelque terrible scène, • — et devant ses yeux, aveuglés de la foudre impériale ^ il vit s'obscurcir et tourner le beau