Suétone, Augu^iU, lxv
sa mort, se rend secrètement à Planasie, revoit Agrippa, pleure en le revoyant; en ce voyage, un de ses familiers Taccompagne, qui sans doute l'y a décidé; il se nomme Fabius Maximus. Fatal voyage! Au retour, Fabius Maximus a Timprudence de le raconter à sa femme Marcia, qui en instruit Livie, et, peu de temps après, Fabius meurt d'une mort suspecte, tandis que Marcia s'accuse publiquement d'être cause de sa mort, et puis Auguste meurt à son tour, d'une mort aussi suspecte, laissant l'empire à Tibère, dont le premier soin est de faire exécuter Agrippa Posthume ^
Je ne refais point ici l'histoire de l'Empire romain, mais il était indispensable d'esquisser ce bref récit pour y voir apparaître enfin un nom qui va éclairer à nos yeux, autant qu'il se peut, tout ce mystère, le nom de Fabius Maximus. Or, ce nom, si j'ouvre les Poiiticjues et les Trutes, je le vois, soit en toutes lettres, soit par allusions, apparaître à chaque instant sous le stylet d'Ovide. Fabius Maximus, mais c'est son meilleur ami, c'est celui qui l'accompagne au port de Brindes, quand il part pour l'exil, c'est le protecteur sur lequel il compte le plus^ Fabius Maximus, mais, dès l'adolescence, Ovide avait connu son père, le grand avocat de Rome, qui avait protégé ses débuts poétiques, son frère, auquel le lie la même amitié ; il avait composé son épithalame, et son dernier mariage l'en avait encore rapproché, puisque Fabius était parent de sa femme.