LA RENAISSANCE ET LA RKKOKMK
Trhiilv Colli'gc a des bâtiments des xiv'^et xv* siècles, parce qu'on y a utilisé une fondation plus ancienne, Durham Collège, qui fut construit à la fin duxiir siècle pour des Bénédictins de Durham. C'est ce qui donne son caractère original à la première cour, s'ouvrant sur Broad Street, qui présente des bâtiments du xiV au XVII'' siècle. De cette dernière époque date le Hall, ainsi que les bâtiments de l'autre cour, qui donne sur de ravissants jardins, avec une allée de tilleuls célèbres qui ont deux cent ans.
l'Uolj So.uiie. Oiford.
Trinitv Collège.
Sir Christopher AVren, qui a dessiné les bâtiments du xvii" siècle, avait l'intention de reconstruire entièrement le collège dans le style classique, comme on le fit plus tard à Oueen'sî
Heureusement on conserva uneLpartie des anciens bâtiments, entre autres la bibliothèque du XV siècle, et les vieux cottages qui donnent sur Broad Street et qui ont fait partie du collège plus ancien. Dans ce qui a été fait au xviT siècle, la chapelle, avec ses fines sculptures en bois de cèdre par Grinlin^- Gibbons, est la partie la plus intéressante. Les bâtiments modernes sont aussi parmi les plus réussis d'Oxford. La première cour est un verger d'arbres fruitiers dont les fleurs, au printemps, s'harmonisent délicieusement avec cette architecture familière et o-aie. De l'autre
côté du collège, de vastes jardins vont jusqu'au parc de l'Université, et les fêtes de Trinit}-, pendant le terme d'été, ont un cadre idéal.
SûiJitJohns Collège, qui est le voisin de Trinity, a un peu le même caractère. De même que Trinity hérita de Durham Collège. Saint John est bâti sur l'emplacement d'un vieux collège de l'ordre de Cîteaux, Saint Bernard. Mais Sir Thomas White, son fondateur, un riche marchand qui fut deux fois Lord maire de Londres, n'eut pas le temps d'achever la construction et c'est l'archevêque Laud, le célèbre ministre de Charles I*"'', qui a laissé l'empreinte de sa personnalité sur le collège. De la fondation il resta la connexion entre le collège et la grande école des marchands tailleurs de Londres [Merchant Taylors School). Sir Thomas White, avant fait sa fortune dans les draps, encourageait toutes les fondations ayant des relations avec sa corporation. Nous a\'ons donc ici un exemple de ces fondations d'Oxford qui ont traversé les siècles en s'appuyant sur quelque grand corps constitué au dehors. De nos jours encore, le collège de Saint John reçoit ses meilleurs boursiers de 31erchant Taylor's School.
Le fondateur s'était efforcé de conserver les traditions catholiques et Laud qui s'intéressa après lui au collège le suivit dans cette voie malgré la crainte qu'il avait de se compromettre.
L'histoire qui nous montre l'archevêque anglican revêtant, tout seul dans sa chambre, les riches vêtements ecclésiastiques légués au collège est peut-être une légende, comme M. Andrew Lang est tenté de le croire, mais si typique de cette époque de transition et de lutte indécise dans les esprits ! C'est ce lien sentimental et traditionnel si difficile à défaire, ici surtout, qui devait amener au siècle passé des conversions comme celles de Newman.
.^lais Laud, qui de\int Chancelier de rUni\er,sité, était un timide, un hésitant qui finit par mourir à cause de ses idées sans av(Hr \oulu mourir pour ses idées. C'était surtout un amateur de tout ce qui est beau et rare et l'ancienne religion lui plaisait surtout sans doute comme plus pittoresque et décorative. C'est lui qui bâtit la première cour du collège dans le style italien, avec les statues de Charles I*"' et de la reine Henriette--^larie. C'est là qu'on joua une pièce intitulée l'Hôpital des Amants ])jur les souverains qui étaient \enus assister à l'inauguration des nouveaux bâtiinents. Le collège était fameux déjà sous Jacques P'' pour ses représentations dramatiques et un des derniers successeurs de Shakespeare, Shirle}', y fut étudiant. Le collège a aussi son mart}r catholique dans la personne d'Edmund Campion. supplicié à l'Al)urn comme jésuite et consjnrateur.