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facilement des différences qui doivent exister entre les produits d’oxydation des alcools primaires et secondaires.
L’inspection des formules des alcools primaires, et des iso-alcools ou alcools secondaires permet d’en: trevoir pourquoi les isoalcools ne donnent pas d’acide et régénèrent simplement des cétones.
Dans l'alcool éthylique par exemple, il existe un groupe HCOH qui renferme l'hydrogène typique. C'est dans ce groupe que par oxydation, deux atomes d'hydrogène peuvent être remplacés par un atome d'oxygène, l'hydrogène typique perdant alors son caractère alcoolique et prenant le caractère acide.
Dans l'alcool isopropylique, le groupe qui renferme l'hydrogène typique situé entre deux autres groupes carbonés, ne renferme que HCOH; l'oxygène ne peut donc pas venir s’y substituer à l'hydrogène et l'oxydation borne son action à l'élimination des deux hydrogènes, celui qui est typique et celui qui appartient au radical.
L'étude complète des produits obtenus par la décomposition des vapeurs d’alcool propylique à haute température ne semble pas avoir été faite.
D'après nos expériences, les résultats que l’on obtient en faisant passer des vapeurs d’alcool propylique dans un tube chauffé au rouge sombre et au rouge vif peuvent être considérés comme étant parallèles avec ceux que nous avons signalés pour, lalcool éthylique. Nous nous sommes borné à caractériser la présence de l’aldéhyde propylique en petite quantité, de l'acide propionique, du propylène et de lPacide carbonique. L'oxydation n’a pu être limitée à l’'aldéhyde seule; celle-ci se trouve donc ainsi mélangée à un: grand nombre de produits de pyrogénation.
L’oxydation modérée de l'alcool propylique nor-
mal par les agents ue suit la marche générale: formation d’aldéhyde propionique si l’action est ménagée : formation d'acide propionique si cette action est plus énergique.
Si l’on oxyde par l'acide nitrique, d’après Klimenko (1) ce n’est plus de l’aldéhyde qui se forme mais de l’acétate de propyle, du gaz carbonique et de lacide carbonique.
Alcool propylique normal CH°.CH.CH°.OH.
Essai. — Pour effectuer l'expérience de l'oxydation des vapeurs d'alcool propylique normal, il n’est point nécessaire de se servir de l'appareil spécial que nous
Fig. 5. — Dispositif d’un appareil pour l'oxydation des alcools facilement oxydables. (Gas de l'alcool propylique).
avons décrit. I suflit de faire passer les vapeurs alcooliques sur un fil de platine roulé en spirale et placé dans l’intérieur d’un tube de Bohême que l’on chauffe extérieurement avec une flamme modérée. L’incan-
(1) Bulletin de la Société chimique, 1876, p. 604.
descence se maintient pendant tout le cours de l'oxydation.
Voici le mode opératoire que nous avons suivi :
100 centimètres cubes d'alcool propylique normal, bouillant à 97°,5 et soigneusement rectifié, sont placés dans un ballon de 250 centimètres cubes de capacité, muni d’un bouchon à deux orifices dont l’un livre passage à un tube de verre plongeant jusqu'au fond du liquide et dont l’autre est en communication avec une série de flacons refroidis, destinés à arrêter les vapeurs condensées. Nous avons reconnu qu'il n'y avait aucun avantage à dessécher l’air ou à arrêter l’acide carbonique.
La spirale de platine confectionnée avec un fil d’un diamètre de 1/10 de millimètre doit avoir été amorcée dans un tube à essais en la chauffant plusieurs fois conformément à nos observations {voir plus haut). :
Cette spirale de platine est placée dans l'intérieur d’un tube de Bohème coudé et étiré à l’une de ses extrémités. Dans l’autre extrémité, s'engage un autre tube eflilé en communication avec le ballon récipient. De chaque côté de la spirale, on a soin de placer un petit cylindre de toile de cuivre de manière à limiter en cas d’explosion la zone dangereuse. D'ailleurs, grâce à ce dispositif, si l'explosion venait à se produire elle n’arriverait pas à enflammer le contenu du ballon parce que la flamme ne pourrait y pénétrer par le tube eflilé.
L'eau du bain-marie est portée à une température de 4o°; à ce moment on fait passer le courant d’aif (environ 3 litres par minute); on chauffe alors progressivement le tube à l'endroit du coude dans lequel se trouve la spirale de platine et dès que l'incandescence du platine se manifeste on arrête le
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chauffage. Si la spirale de platine a été convenablement amorcée, l’incandescence continue en l’absence de la flamme. Dans ces essais, il ne s’est jamais produit d’explosions : l’oxydation se poursuit normalement comme dans le cas des alcools méthylique ou éthylique.
Dans une expérience, il a fallu 2 heures pour entrainer 5o centimètres cubes d’alcool propylique normal. On a obtenu 35 centimètres cubes d’un liquide très faiblement acide (traces d’acides acétique et propionique).
Ce liquide a été agité avec une solution saturée de bisulfite de soude dans laquelle l'alcool propylique est très peu soluble. La solution aqueuse qui s’est emparée de l’aldéhyde a été décantée puis distillée avec du carbonate de soude et le produit a été rectifié plusieurs fois. On a obtenu 24,5 d’aldéhyde propylique caractérisée par son point d’ébullition de 48°-h9°.
Formation d’un acétal. — La présence de la combinaison de l’aldéhyde propionique avec l'alcool propylique :