RE LL
L’acide sulfurique au contact des rognures de platine chauffées au rouge se décompose en eau et anhydride sulfurique, puis en oxygène, eau et gaz sulfureux. De même l'acide azotique passant dans un tube de porcelaine chauffé à 300°,se décompose en oxygène, peroxyde d'azote et eau ; au rouge on obtient de l’eau, de l'azote et de l'oxygène.
Le chlorure de méthyle chauffé dans une tube de porcelaine porté au rouge se décompose en charbon, en gaz chlorhydrique et en gaz carburé, d’après Dumas et Peligot. Mais le même corps soumis au même traitement par Perrot (1), a donné du méthane, de léthylène, de l'acide chlorhydrique, de loxyde de carbone et de la naphtaline. Les opérateurs n’avaient pas expérimenté dans les mêmes conditions de température.
Les vapeurs d’iodure d’éthyle conduites dans un tube de porcelaine chauffé au rouge se décomposent avee formation d'hydrogène, d’éthylène, d'iodure d’éthylène et d’iode (Kopp).
L’acide valérique se décompose lorsqu'on le fait passer en vapeur dans un tube chauffé au rouge sombre et renfermant des fragments de pierre ponce. Il fournit beaucoup de gaz renfermant de l'acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l'hydrogène et des hydrocabures (2).
Tous ces résultats sont du domaine de la dissociation.
Mais voici des phénomènes d’un ordre différent.
MM. Troost et Hautefeuille ont produit de l’ozone en faisant passer de l'oxygène dans un tube de por-
(1) Perrot. Annales de chimie et de physique, 1. A9; p. 94. (2) Horrmanx. Annales de chimie et de pharmacie (3), &. 77, p. 161.
LE Qt ES
celaine chauffé à une température voisine de 1 4oo°.
Lorsqu'on fait passer un mélange d'acide sulfureux
et d'oxygène dans un tube de porcelaine ou de verre contenant des fragments de corps poreux on obtient de l’anhydride sulfurique.
M. A. Gautier, en faisant passer des vapeurs d’alcool méthylique dans un tube de porcelaine chauffé dans un bain de soufre, a obtenu de la formaldéhyde.
Les vapeurs d'alcool éthylique conduites dans un tube de verre renfermant une spirale de platine portée au rouge donnent des quantités notables d’aldéhyde acétique.
L'expérience classique qui consiste à oxyder lPammoniaque démontre la formation d'acide hypoazotique et d'acide azotique.
Que faut-il done conclure de l’ensemble de toutes ces expériences dont nous pourrions augmenter la liste ?
Les conclusions qui s’en dégagent sont les suivantes :
Les réactions qui s’opèrent lorsqu'on fait passer les vapeurs d’un corps ou d'un mélange de corps à travers un tube chauffé à haute température sont très diverses.
Tantôt les produits obtenus proviennent de la dissociation ou de la désagrégation de la molécule. Dans ces conditions, il s’est formé des corps qui représentent des termes de plus en plus avancés, c'est-à-dire de moins en moins complexes lorsque la température s’est élevée.
Tantôt il y a eu addition et combinaison molécu-
DR
laire comme c'est le cas pour l'ozone et pour l’anhydride sulfurique.
Tantôt l’action s’est limitée à un terme bien net comme dans le cas de l’oxydation de l'alcool ou de l’ammoniaque. Î
Les causes qui ont influé sur les divers résultats souvent contradictoires, obtenus par les chimistes, doivent être attribuées à la variation de température et aussi à la nature des tubes ou substances mises en contact.
L'étude des produits dus à la pyrogénation n'offre d'une manière générale qu’un intérêt secondaire : celle des corps définis qui sont les premiers degrés des actions de contact offre au contraire comme nous le verrons plus loin un grand intérêt. Mais pour une pareille étude il devenait nécessaire de construire un appareil de laboratoire différent de ceux qui avaient été imaginés précédemment par les chimistes qui visaient d’ailleurs dans leurs études un tout autre but que celui que nous poursuivons.