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OXYDATION DE L'ALCOOL BENZYLIQUE

L'alcool benzylique :

Seau .OH

est le premier terme de la série des alcools à noyau benzénique et comme tel, si la règle générale se confirme, il doit être facilement oxydable par l’action de contact à haute température.

Si l’on admet l'hypothèse que noûs avons faite, qu'il doit y avoir une certaine analogie entre l'oxydation due à l’action du contact de la spirale de platine et le processus qui a lieu dans certains végétaux sous l'influence de causes diverses encore peu définies, le principal intérèt de l'étude de l'oxydation limitée de l'alcool benzylique sera d'apporter quelques observations utiles dans l’explication de la formation des dérivés naturels à radicaux benzyle. Ces dérivés sont en effet abondamment répandus dans le règne végétal, notamment dans les baumes, dans

Hg Rte certaines plantes et certains fruits, dans les urines des herbivores, etc.

Les auteurs qui se sont occupés de l'alcool benzylique et qui l'ont traité par les oxydants chimiques ont signalé particulièrement la formation de l'acide benzoïque et non celle de l’aldéhyde benzoïque. L’acide chromique par exemple fournit presque uniquement de l’acide benzoïque. Celatient à l’extrême facilité avec laquelle l’aldéhyde benzoïque est transformée en acide.

Tous les chimistes savent en effet que l’aldéhyde benzoïque, exposée à l'air, ne tarde pas àsetransformer en acide benzoïque. Il semble donc résulter de cette réaction que dans l'oxydation parcontactnous devrions obtenir surtout de l’aldéhyde benzoïque. |

La littérature chimique n'indique pas davantage que l’on ait obtenu cette aldéhyde en faisant passer des vapeurs d'alcool benzylique dans un tube chauffé au rouge (1). On a signalé que les vapeurs d’alcool benzylique, dirigées sur de l'éponge de platine chauffée au rouge, donnaient une huile de composition complexe(2), du benzène et une matière solide résineuse. Nous nous trouvons ici en présence non pas d’une oxydation définie, mais de phénomènes superposés de dissociation. D’après d’autres auteurs, l'aldéhyde benzoïque n’est pas décomposée lorsqu'on fait passer ses vapeurs dans un tube de verre chauffé au rouge. Siletube est rempli de fragments de pierre ponce, elle

(x) Goquizzon (C. R., t. 57, p. 444) a signalé la formation d’une petite quantité d’aldéhyde benzoïque en faisant passer des vapeurs de toluène dans un appareil analogue au nôtre. Loew a également reconnu l'odeur de l'essence d'amandes amères en faisant passer le toluène sur une toile métallique. Nous reviendrons sur ces faits à propos de notre travail sur les hydrocarbures.

(2) Wurrz. Dict., t. I, p. 582.

se dédouble en benzène et en oxyde de carboné (1).

Essai. — L'alcool benzylique qui a servi aux essais a d’abord été complètement débarrassé des traces d’aldéhyde qui le souillaient, par un traitement au bisulfite et par une distillation fractionnée. 100 grammes de cet alcool ont été mélangés avec 200 centimètres cubes d’eau distillée ; l’entrainement sur la spirale de platine a été provoqué par un violent courant d’air.

Voici d’ailleurs les conditions d'expérience :

Température du fil de platine (1/10 de millim). Rouge sombre. Durée du passage de l’air employé. . . . ‘3 heures.

Alcool benzylique entraîné... 4/21 :1 410 /4broc:

Température du bain-marie. . . .. ! . Goo.

Température de l’eau du réfrigérant. . . . Boo.

Intensité du courant... 20/0 M 2 0 a l'ampèrémetre:

Les parties aqueuses ont été traitées par l’éther et l'extrait réuni aux parties huileuses.

Les eaux ne présentaient qu’une acidité insignifiante : la recherche de l'acide benzoïque n’a donné que quelques centigrammes de ce composé.

Ce résultat est à comparer avec ceux fournis par les agents chimiques qui donnent de suite l’acide benzoïque. C’est encore un exemple de plus de la délimitation que l’on peut avoir par l’action de contact à haute température.

Le produit d’oxydation, traité par le bisulfite de sodium par la méthode habituelle, a donné un bisulfitique cristallisé abondant dont on a retiré 4#,250 d'aldéhyde benzoïque d’un point de distillation de 179° caractérisée d’ailleurs par sa transformation en leucobase du vert malachite, par la méthode que nous in-

() Barresvize et Boupaur. Journ, de phys., t. 5, p. 26.

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