Lettres d'Oranam, I, p
SOX APOSTOLAT INTELLECTUEL 89
utile‘. » Son frère, l'abbé Ozanam, et un autre ecclésiastique, lui parlaient, d’une manière tout à fait rassurante, de l’apostolat des laïques” : il reprenait courage. Mais pour éviter la langueur, ils avaient bien besoin, lui et ses amis, faibles Samaritains, d’avoir des frères qui priassent et qui méditassent pour eux, et de prier les uns pour les autres, comme chaque soir Lallier faisait pour Ozanam, nominalement. Ainsi élevé au-dessus de terre et au-dessus de lui-même par ce flot montant des prières, il sentait se ranimer en lui la conscience de sa vocation, de tous les appels intérieurs qu il avait sentis, de tout ce qu'avait fait le Père de famille, dans sa vigne, pour ce cep qui s’appelait Ozanam”; une fois de plus, cette évocation même le faisait retomber -sur lui-même, pleurer sur sa stérilité’, son desséchement, sa lächeté. Il se grondait, se boudait, jusqu’à ce qu’il finit par « faire la paix avec son vénérable individu, quoique ce fût un triste sire ». Il allait mal, surtout quand son confesseur l’abbé Mar duel était absent; alors, abandonné à son humeur et aux caprices de son imagination, il plaignait les protestants qui, eux, n'avaient jamais de confesseur. « Sans un tel secours, disait-il, je serais, ou complètement gàté, ou consumé de mélancolie’. »
Cependant ce garçon qui s'accusait de paresse collaborait fréquemment à l'Univers; il y donnait, en 1834, une série d'articles sur le cours d'Écriture sainte que professait en Sorbonne l'abbé Frère ; il y commentait certaines grandes fêtes : d’abord, à la fin de 1833, dans un article d’une piété très pénétrante, les trois fêtes après Noël", puis, en 1834, la fête de l’Annonciation, par un article sur