Univers, à8 décembre
la croyance à la Sainte Vierge, considérée dans son action sur les beaux-arts‘; il y réfutait, avec Lallier, un cours de Lerminier, et y développait cette idée, qu'en présence de certaines attaques l’enseignement de l'histoire ecclésiastique devait être plus répandu parmi la jeunesse *; il traduisait enfin, avec la collaboration du même Lallier, diverses poésies de Silvio Pellico*, que Bailly imprimait en un petit volume. | |
Un article de la France catholique, écrit aussi en 1834‘, avait la portée d'un manifeste, et devait, dans la pensée d’Ozanam, inaugurer une série d’études; cet article, tel quel, isolé, inachevé, était comme un acte d'accusation du catholicisme contre le romantisme, «littérature égoïste, et sensuelle qui se disait inspirée, et qui, sur les autels du sublime et du beau, avait placé le simulacre de l’horrible et de l’extraordinaire ». Ozanam nommait en toutes lettres les objets de sa colère : ils s’appellent Fan d'Islande, Lelia, la Tour de Nesle, Marie Tudor. « Depuis ces œuvres, s’exclamait-il, qu'y a-t-il de sacré dans le monde, de pudeur dans une nation, qui n’ait été profané? » Mais il constatait le dégoût, il constatait l’effroi provoqué par cette « pompe de poésie sanglante et adultère », par sa « turpitude », par sa « stérilité ». Ozanam épiait le monde littéraire ; on y comprenait enfin «que, de ce debordement de l'imagination individuelle, rien de social et partant rien de durable ne saurait sortir ». Et Ozanam saluait, dans le catholicisme, « le prophète qui, ayant la vie en lui, accueillerait le génie des arts, haletant, fatigué, et qui le remettrait dans sa route ». Il projetait d'exposer une série d'idées qui lui étaient venues, incultes, confuses, sur les rapports de la poésie future avec la vie pratique de l’hu-
1. Univers, 9 avril 1834. Nous avons, en collaboration avec M. Victor Bucaille, réimprimé ces deux articles dans la Revue Montalembert du 25 mai 191, p. 342-344.