‹ OzanamChapitre 106 sur 171 · Langlois et Seignobos, op. cit., p · texte numérisé non relu

Langlois et Seignobos, op. cit., p

esprits plus organisateurs et constructeurs que pénétrants et minutieux, utilisent pour de vastes synthèses les résultats des recherches originales d'autrui. Les uns font œuvre plus durable, les autres œuvre plus brillante peutêtre; tous peuvent faire œuvre utile. Car s'il est bon que l'érudit ait l'idée de l'ensemble, qui seul donne du prix à ses recherches1, et indispensable que l'historien puisse juger en connaissance de cause les travaux de l'érudit, la division du travail entre eux est en soi légitime et nécessaire; et rien notamment ne serait plus injuste que le mépris pour le vulgarisateur, pourvu qu'il remplisse les deux conditions essentielles: connaître tout ce qui a été publié d'important sur son sujet, avoir repensé par soimême les conclusions des spécialistes2.

Ozanam, on l'a vu, a montré les aptitudes les plus variées. Il a été éditeur de textes dans ses Documents inédits; érudit dans ses Sources poétiques de la Divine Comédie. Les parties philosophiques de son Dante sont un type de solide monographie. Ses autres travaux appartiennent au genre de la vulgarisation supérieure, qui convenait peut-être le mieux à son talent. Il a dit lui-même, avec insistance, « qu'on ne trouverait pas [dans les Études germaniques] cette lente discussion des documents, ces controverses épineuses, mais nécessaires pour fonder une science3 » ; qu'il écrivait son Histoire littéraire des temps barbares « non pour le petit nombre des savants, mais pour le public lettré », et qu'il n'avait « jamais eu la prétention d'aller au fond » de sujets « dont chacun suffirait à l'emploi de plusieurs vies4 ». En le jugeant, il ne faut jamais perdre de vue ces déclarations et ces distinctions.

D'ailleurs, si le degré des exigences diffère, ce sont toujours à peu près les mêmes questions que se posent sur

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