Correspondant du 25 novembre
avait scandalisé, il explique qu'en disant passons aux barbares, il demande « qu'on s'occupe du peuple qui « réclame des garanties pour le travail et contre la misère, « qui a de mauvais chefs, mais faute d'en trouver de «c bons... Nous ne convertirons pas, ajoute-t-il, Attila et « Genséric; mais, Dieu aidant, peut-être viendrons-nous « à bout des Huns et des Vandales. Lisez le commence- « ment de la Cité de Dieu, Salvien et Gildas, et vous « verrez que, dès le cinquième siècle, beaucoup de saints « avaient plus de goût pour les Goths, les Vandales, les « Francs ariens et idolâtres que pour les catholiques « amollis des villes romaines. Franchement n'y avait-il « pas quelque indulgence à ne pas désespérer du salut « de Clovis? Concluons donc qu'il ne s'agit pas de ce « parti détestable des Mazzini, des Ochsenbein et des « Henri Heine, mais des peuples entiers en y comprenant « ceux des campagnes comme des villes. Et, s'il ne faut « rien espérer de ces barbares-ci, nous sommes à la fin du « monde et, par conséquent, de nos disputes '. »
Quand la Révolution éclate, Ozanam voit se réaliser ce qu'il avait prévu depuis longtemps : l'impossibilité pour un gouvernement, quelle que soit sa forme, de durer, s'il ne donne aux questions sociales une place première dans ses préoccupations. L'insurrection vient de renverser le pouvoir établi : est-ce seulement pour une réforme électorale avec « adjonction des capacités », ou même pour l'avènement de la République que le peuple s'est armé ? Non, tout cela c'est le côté extérieur des événe-' ments : la réalité profonde c'est le besoin d'une meilleure organisation du travail. C'est ce que note Frédéric Ozanam dans une intéressante lettre, encore inédite, qu'il adressait le 6 mars 1848 à son frère l'abbé Ozanam.
« La Révolution qui commence est tout autre que
« celle de 1830, bien moins sanglante d'abord, bien moins « contestée, puisque le régime qui finit s'est à peine dé- « fendu.... Est-ce à dire qu'il n'y ait point de périls ?