‹ OzanamChapitre 135 sur 171 · Cf. Gh. Huit, Ballanche, p · texte numérisé non relu

Cf. Gh. Huit, Ballanche, p

ce qu'avec plus de calme et de froide raison, sans rêves apocalyptiques, Ozanam sera et se glorifiera d'avoir été.

La Vision cVHébal, épilogue de la Ville des expiations par laquelle s'achève la Palingénésie, fait entrevoir une Europe nouvelle sortie des ruines de l'Europe ancienne, restée vêtue d'institutions usées comme un vieux manteau ; une incrédulité apparente menace d'abolir toute croyance ; mais la vérité religieuse, la religion du genre humain subsiste obscurément ; elle renaîtra plus brillante, plus belle, toujours chrétienne ; car le christianisme a mis dans le monde des idées qui ne peuvent plus en être exclues et qui, parce qu'elles sont la sauvegarde de la civilisation, serviront à la perpétuer, indépendamment même de leur origine divine ; c'est en vain que, dans la métropole de la civilisation, le signe de la promesse a été outragé ' ; la croix civilisatrice régnera de nouveau dans le inonde ; l'accomplissement du christianisme est le but de toute l'évolution historique ; le grand devoir des hommes est donc de poser les fondements de cette idée en faisant passer la charité dans les lois ; ce nouveau monde de paix, de justice et de charité qui va surgir, apparaîtra comme la floraison naturelle et progressive de l'ancien monde et de l'éternelle religion2.

N'est-ce pas là, par avance encore, tout Frédéric Ozanam, non seulement Ozanam apologiste, mais Ozanam historien, mais Ozanam social? N'a-t-il pas déchiffré dans ces pages la formule de la vocation que la Providence avait inscrite au fond de son cœur?

Outre l'inspiration générale, Ozanam a dû à Ballanche beaucoup de vues particulières; ainsi l'idée que toutes les questions qui tiennent à l'existence de la société sont des questions religieuses3; ainsi la conviction si nette-

1. Allusion à des incidents connus de la révolution de 1830 à Paris ; la Vision d'Eébal n'a paru qu'en 1831.

2. Voir sur toutes ces idées, avec les textes qui permettent de les établir : Victor df. Làprade, p. 48-49, 54-55, et Charles Huit, p. 156, 234, 360.

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