Ballanche, Prolégomènes, III, 71; cf. Cn. Huit, p
2. Dans ses lettres à M. de Sivry, 1841, Ballanche applaudit îi la réhabilitation de la grande époque catholique, celle du moyea âge, dont M Georges fioyau (cité par Huit, p. 302) a si bien dit : « L'histoire du moyen âge est, en quelque mesure, notre préhistoire à chacun de nous et le genésse de nos âmes s'y déchiffre ou s'y devine. C'est vainement que certains champions de notre civilisation contemporaine ont intenté contre l'esprit chrétien ce procès en désaveu de paternité que, de temps à autre, ils se flattent d'avoir gagné. »
3. Ballanche (cité par Huit, p. 193) écrit en 1827 : « Si nous interrogeons ies doctrines mystiques unies à toutes les religions et répandues de toute antiquité dans le monde, nous y trouverons une triste et terrible unanimité sur ces points principaux, la punition d'une première faute, le besoin d'une expiation, le travail imposé à l'homme, la science acquise au prix du malheur, etc., etc. »
l'apologiste 391
douleur que Dieu n'a pas encore rendue irréparable, de les voir faiblir et, de crainte de laisser échapper l'avenir, déserter pour un moment la foi du passé. Chateaubriand et Ballanche eurent seuls des âmes égales à la grandeur et à la difficulté des temps. Seuls, ils eurent cette gloire de servir avec intelligence un des plus laborieux desseins que la Providence puisse se proposer, celui de lier les âges à l'endroit même où nous en marquons la séparation1. »
Ozanam ne nomme qu'en passant et avec une légère note de défaveur Bonald et J. de Maistre; il les honore; à l'occasion, il les admire, mais ce n'est pas d'eux qu'il relève.
« D'autres ont défendu la religion de l'homme, je défends la religion de la société... Le christianisme ne pouvait changer la nature de l'homme ; mais il a changé la constitution de la société... L'homme social est incontestablement devenu plus parfait... La religion a détruit tous les crimes sociaux et publics... Les grandes leçons de l'histoire doivent être mieux comprises aujourd'hui; la France les a en quelque sorte résumées dans la dernière expérience qu'elle a faite sur elle-même. » Evidemment, ces pensées de M. de Bonald ne sont pas étrangères au directoire historique et apologétique d'Ozanam; c'est pourtant filtrées par d'autres qu'elles semblent être venues jusqu'à lui.
Et certes, Ozanam devait encore reconnaître la voix de sa muse inspiratrice, lorsqu'il lisait dans Joseph de Maistre : « Il n'y a pas de dogme dans l'Eglise catholique, il n y a pas même d'usage général appartenant à la haute discipline qui n'ait ses racines dans les dernières profondeurs de la nature humaine, et par conséquent dans quelque opinion universelle plus ou moins altérée çà et là, mais