‹ OzanamChapitre 138 sur 171 · Mélanges, t. II, p · texte numérisé non relu

Mélanges, t. II, p

commune cependant, dans son principe, à tous les peuples de tous les temps i » ; et surtout cette parole fameuse : « Il n'y a peut-être pas un homme véritablement religieux en Europe (je parle de la classe instruite) qui n'attende en ce moment quelque chose d'extraordinaire2. »

Mais entre Ozanam et J. de Maistre, comme entre Ozanam et Bonald, il y avait l'abîme des conséquences politiques que ces deux grands esprits tiraient de leur système. Tout compte fait, Ozanam et eux ne se rencontrent que sur les idées devenues communes à tous les traditionalistes.

Aussi bien, après Ballanche et Chateaubriand, le vrai maître d'Ozanam, considéré comme apologiste de la religion chrétienne, fut-il Lamennais, non le philosophe, mais l'interprète de l'histoire des religions, le Lamennais de YEssai sur V indifférence et, pour quelques pages seulement, le Lamennais de La religion considérée dans ses rapports avec V ordre politique et civil.

Au moment où Frédéric Ozanam arrivait au seuil de ses classes supérieures, Félicité de Lamennais était dans la pleine possession de cet incomparable prestige qui faisait de lui, à côté de Chateaubriand et avec, de plus que lui, la garantie du sacerdoce, le roi de l'apologétique chrétienne. Pour se représenter la séduction toute-puissante qu'il devait exercer sur les jeunes, il suffît de relire le solennel début qui, tel qu'un splendide portique, ouvre les Considérations de Lacordaire sur le système de l'ange dont il pleurait la chute et maudissait l'orgueil.

« Cent quatorze ans avaient passé sur la tombe de Bossuet, cent trois ans sur celle de Fénelon, soixanteseize ans sur celle de Massillon, le seul des hommes célè

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