Génie du Christianisme, ll>e partie, c. m
2. Soirées de Saint-Pétersbourg, onzième entretien et Eclaircissement sur les sacrifices.
3. M. Ferraz, dans le volume de son Histoire de la philosophie en France au XIX0 siècle, intitulé Traditionalisme et ultramonlanisme, a donné une bonne et complète analyse du système de Lamennais, a laquelle nous avons emprunté quelques traits, p. 196-207.
Frédéric Ozanam, apologiste du christianisme •, Mais, dira-t-on, ces sources, d'ailleurs si riches etsi magnifiques, ne sont-elles pas un peu troubles? Et si leurs eaux, comme on n'en saurait douter, tiennent en suspens des parcelles et même plus que des parcelles d'erreur, toute l'œuvre d'Ozanam n'en est-elle pas empoisonnée ?
Qu'on se rassure! Sans doute, dans sa studieuse jeunesse,— et comment aurait-il pu en être autrement? — Ozanam a subi plus que de raison l'influence de maîtres dont la grandeur et la puissance devaient l'éblouir. Dans ses lettres d'étudiant, dans ses tout premiers écrits, il ne distingue pas toujours assez entre ce qui, dans leurs idées, est tout à fait vrai, seulement spécieux, ou même faux. Mais Dieu, qui lui avait donné la plus accueillante et la plus ouverte des intelligences, l'avait doué de deux autres qualités que son humilité avait cultivées : un parfait bon sens, — ne disait-il pas de lui-même que, dans l'association qu'il formait avec son ami Falconnet, il était « le centre de gravité, solide, mais lourd2 »? — et un attachement invincible à l'orthodoxie. « Soyons sûrs, mon cher ami, écrira-t-il, dès l'âge de 22 ans, à un ami un peu trop entreprenant, que l'orthodoxieest le nerf, la force de la religion3. »
D'un de ses ancêtres, le mathématicien Jacques Ozanam, il est resté ce mot heureux inspiré par les querelles doctrinales de l'époque, auxquelles on l'avait sollicité de se mêler : « Il appartient aux docteurs de Sorbonne de disputer, au pape de prononcer et aux mathématiciens d'aller au paradis en ligne perpendiculaire. »
1. Comme influence secondaire, il faut citer André-Marie Ampère qui, vingtsept ans avant qu'Ozanam formât ses grands projets, avait rédigé des cahiers pur les preuves historiques du christianisme. Le livre de l'abbé Jacques : L'Eglise considérée dans ses rapports avec la liberté, l'ordre public et le progrès delà civilisation, particulièrement au moyen âge, ouvrage dans lequel on montre la tendance essentiellement bienfaisante du christianisme catholique, Paris et Lyon, Périsse, a pu confirmer Ozanam dans sa vocation, mais n'a paru qu'après lu brochure d'Ozanam sur lesaint-simonisme, qui contient en germe le reste de .«on œuvre.