Préface des Etudes historiques, p
Je missionnaires saint-simoniens, — a été décrite ici même par M.Goyau en termes pittoresques. Je ne m'arrêterai donc qu'à la thèse de notre apologiste; et encore laisserai-je de côté tout ce qui, se rattachant à la démonstration du caractère universel du christianisme à travers les âges, nous ramènerait aux théories traditionalistes et nous entraînerait à de fâcheuses redites.
Rappelons seulement que, pour Ozanain, le christianisme n'est pas la constitution d'une époque, mais la loi éternelle du genre humain. Attentif à tous ses besoins pour y pourvoir, à tous ses développements pour les favoriser, il a assisté à son berceau, il assistera à son dernier soupir1.
C'est donc à l'aide de l'histoire, de la comparaison des théories et des faits que l'apologiste prétend trancher le débat entre le christianisme et le Saint-Simonisme2.
« Si j'avais à énumérer tous les caractères sacrés de la religion du Christ, toutes les marques de sa mission, longue serait ma tâche. Il faudrait d'abord exposer le vaste tableau de l'attente des nations et la nombreuse série des prophètes qui venaient rappeler l'antique promesse. Puis, apparaîtrait Jésus avec ses prodiges, sa vie, sa mort, sa résurrection, et enfin l'excellence de sa doctrine, son influence bienfaisante, ses victoires et ses triomphes. Car telle est la nature du christianisme que ses bases sont accessibles à toutes les intelligences, et que parmi ses preuves, les unes historiques, et pour ainsi dire matérielles, peuvent s'adresser aux esprits les plus grossiers; les autres, rationnelles et philosophiques, présentent un aliment solide aux âmes les plus élevées, aux pensées les plus hardies. Mais ce n'est point une démonstration de la divinité du christianisme que je dois établir : je me bornerai à une appréciation rapide de sa doctrine et de ses bienfaits3 ».