Ibid., p
l'apologiste 439
C'est ce même clergé qui, de la royauté barbare, entreprit de faire une monarchie chrétienne et qui y parvint presque, au commencement du vne siècle :
« Jamais le clergé des Gaules ne fut plus près de réaliser cet idéal d'une royauté religieuse et biblique qu'il s'était proposé de mettre sur le trône des Francs \ »
Même divination dans la prédilection que l'Eglise témoigna aux Francs Austrasiens et leurs chefs, ancêtres de Gharlemagne.
« A la mollesse des Neustriens, elle préféra les courages indociles de ces barbares qui lui faisaient la tâche plus rude, comme on aime chez les enfants ces caractères fougueux dont on connaît les ressources. Dans la résistance elle sentit la force ; elle comprit que cette énergie, domptée par une savante discipline, mais non pas éteinte, deviendrait capable de tout ce qui est grand. Dès lors, ce fut sur les Francs d'Austrasie qu'elle compta pour la défense et l'accroissement de la société chrétienne. Mais il fallait d'abord les y faire entrer. Une tâche si difficile voulait le concours des deux puissances, l'épiscopat et la monarchie2. »
Tâche d'autant plus difficile que, par le contact de la Germanie indépendante, les Austrasiens et leurs chefs étaient menacés de revenir au paganisme. En présence d'un tel danger, une nouvelle intervention providentielle était nécessaire : elle se manifesta par l'entrée en scène de la puissance qui est la tête et le cœur du catholicisme :
« Ces esprits indomptés qui résistaient aux lumières ne devaient céder qu'à l'ascendant d'un grand pouvoir : la papauté l'exerça. Elle avait ce caractère de paternité qu'elle tient de son institution divine ; elle avait la force des idées, les habitudes de gouvernement, avec le prestige du temps et de la distance et la majesté du nom latin. C'est par là qu'elle maîtrisera les Francs, et par eux le reste des peuples. Le moment décisif fut celui où Gré-