‹ OzanamChapitre 160 sur 171 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

goire II dicta à Boniface, évêque, le serment d'obéissance. Ce jour-là seulement, Rome vit s'accomplir ce qu'elle avait pressenti lorsque les soldats d'Alaric rapportèrent en pompe les vases sacrés dans la basilique de Saint-Pierre. Rome vit recommencer son empire sur ces nations mêmes qui l'avaient renversé ; elle vit un pontife saxon agenouillé, au nom de la Germanie, aux pieds d'un citoyen romain. Le représentant des barbares se trouva délégué du Vatican. Le proconsul des temps nouveaux, sans licteur, sans glaive et sans fisc, portait avec lui le génie législatif du vieux sénat... Le légat du siège apostolique renouvela l'onction des rois de Judas sur le front des ducs austrasiens. Les Francs, confirmés dans leur mission, se trouvèrent, comme la Providence les avait voulus, les défenseurs de l'Eglise, les continuateurs des Romains, et l'obstacle invincible des invasions; et tous les pouvoirs semblèrent réunis pour inaugurer le règne de Charlemagne ' . »

Cette fois, l'Eglise avait réalisé le plan divin ; le pouvoir séculier était chrétien; il était investi de ces deux fonctions: défendre PEglise contre ses ennemis extérieurs, maintenir l'accomplissement de ses lois au dedans2; et il s'en acquittait.

Les guerres de Gharlemagne contre les Saxons sont des croisades : « C'est la même empreinte religieuse et militaire dans les récits contemporains; seulement, au lieu delà chevalerie et de cette gloire fraternelle partagée entre les compagnons de Godefroi, ici tout l'héroïsme chrétien est dans la personne de Charlemagne. Des deux côtés les événements prennent le même cours. Toutes les guerres saintes sont premièrement défensives; elles commencent par la juste résistance delà chrétienté, attaquée sur ses frontières. Mais, comme il n'y a pas de droit des gens avec des barbares, la guerre de défense ne pouvant

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