‹ OzanamChapitre 18 sur 171 · Abeille, IV, p. i · texte numérisé non relu

Abeille, IV, p. i

gemment traité, est convaincu de « devoir à Descartes quelques-unes de ses plus belles pensées » * ; la hideuse chimère de Spinoza2, la clameur sacrilège des philosophes3, sont sévèrement condamnées; mais Kant au contraire est presque glorifié. « Il est beau, écrit Ozanam, de voir l'auteur d'un système si célèbre proclamer dans un traité spécial l'accord de la religion avec la raison, prouver philosophiquement l'existence du péché originel, de la révélation, de la rédemption, de la grâce même ; il est beau, dis-je, de voir dans l'auteur de l'éclectisme moderne un nouveau défenseur du christianisme4. » Une double apostrophe termine ce bon travail d'élève : « Défenseurs du christianisme, soyez philosophes ; disciples de la philosophie, soyez chrétiens !3 » L'abbé Noirot put sentir, en voyant cette touchante naïveté d'élan, qu'Ozanam l'avait bien compris.

Si l'apprenti philosophe semble jurer fidélité, tout ensemble, à la raison de Descartes et à la foi du Christ, l'amateur d'histoire que révèlent, à son tour, d'autres articles de V Abeille, paraît préoccupé, tout au contraire, de chercher des arguments pour la foi, non point dans l'exercice solitaire du raisonnement individuel, mais dans la constatation du témoignage universel; de grouper, aux approches du porche de l'Église, dans une attitude expectante et déférente, les croyances religieuses et morales de tous les peuples; et de dessiner ainsi vers la vérité chrétienne une sorte d'avenue, pareille, à certains égards, à celle qu'avait tracée le baron d'Eckstein, entre 1825 et i83o, dans ses doctes articles du Catholique 6; pareille, aussi, par certains de ses aspects, à celle que traçaient, à la même époque, les représentants du traditionnalisme, et qu'ils ne surent point parcourir sans y faire quelques

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