Devaux à Brac de la Perrière et à Chaurand, 6 mars
entre la religion et une opinion politique fournissaient à la malveillance un prétexte de suspecter le désintéressement de leur piété. Au contraire, après 1830, il était manifeste qu'en disant le Credo on ne pouvait nourrir Parrière-pensée de recommander son avenir au patronage d'hommes influents : position infiniment plus commode pour un loyal garçon K » Lamache ne fit donc point difficulté d'entrer dans la conférence littéraire, ni d'y défendre ses convictions chrétiennes avec le talent de parole qui devait lui valoir une longue et brillante carrière dans l'enseignement supérieur2.
Au bout de quelque temps, l'idée vint tout naturellement aux membres chrétiens de la conférence de concerter entre eux les arguments, de désigner les champions qui dans chaque discussion soutiendraient leurs communes croyances. Une petite commission, composée des trois meilleurs orateurs du côté catholique, Ozanam, Lamache et Lallier, se réunit à cet effet dans la chambre d'hôtel où Lamache avait pris gîte. Le lendemain, Lallier en causait avec un de ses condisciples et coreligionnaire, Auguste Le Taillandier, qui suivait assidûment les débats de la conférence littéraire sans y jamais intervenir. Le Taillandier témoigna de l'impression de lassitude que lui causait parfois ce perpétuel cliquetis de mots et d'idées ; il suggéra qu'au lieu de se rencontrer pour s'occuper encore de controverse, les étudiants chrétiens pourraient tenir de pures réunions de piété et de charité. Rapporté à Ozanam et à Lamache, le propos parut ne point les frapper, et les trois amis continuèrent à se cantonner dans la préparation des discussions de la conférence.
Sur ces entrefaites, une séance eut lieu, particulièrement orageuse. Un jeune homme qui devait bientôt mar-