‹ OzanamChapitre 47 sur 171 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

l'historien 155

le juger, et qui, en un certain sens, est aussi vieux que l'humanité ; c'est ce qu'Ozanam s'efforce d'établir dans les pages où il cherche et retrouve, dans les traditions de tous les peuples, au moins à l'état de souvenir obscur ou de vague pressentiment, les dogmes fondamentaux de la Création, de la Trinité, de la Chute, de la Rédemption, de la vie future avec ses récompenses et ses peines.

Quelques années plus tard, sa thèse latine', dans sa seconde partie, devait offrir l'exemple d'une enquête du même genre, qui portait seulement sur un domaine plus limité. Elle est consacrée aux deux thèmes voisins de la descente aux Enfers et de l'évocation des morts, qui tiennent une si grande place dans les religions, les philosophies et les littératures antiques. Dansles légendes qu'il analyse, Ozanam distingue deux classes : celles où le voyageur d'outre-tombe n'a pas d'autre objet que de s'instruire sur le passé, sur l'avenir, ou sur les vérités éternelles (ainsi Ulysse ou Enée) ; celles, au contraire, où le motif de son voyage est le salut d'un être chéri qu'il s'agit d'arracher à l'inexorable destin. Les légendes de ce dernier type, qui lui semblent plus nobles et qu'il n'hésite pas à proclamer plus anciennes, le ramènent tout naturellement au mythe si répandu de la mort et de la résurrection des dieux; et remontant à ce qui lui paraît la source commune de toutes ces croyances, il découvre enfin l'idée d'un rédempteur qui, vaincu d'abord par la mort, en triomphe ensuite définitivement.

Bien plus tard encore, dans une œuvre de sa pleine maturité, ses Germains avant le christianisme, Ozanam travaillera à rattacher la mythologie germanique à la religion primitive universelle2. Ainsi les spéculations d'histoire comparée des religions ne cessèrent jamais d'exercer un attrait sur son esprit. Mais il y avait longtemps qu'elles ne l'occupaient plus exclusivement, et que le grand dessein de sa jeunesse était abandonné. Faut-il le regret-

1. De frequenti apud vettres poetas heroum ad inferos dcxccnsu.

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