‹ OzanamChapitre 48 sur 171 · Voir notamment p. 109-122 (éd · texte numérisé non relu

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ter? Nous ne le pensons pas. Ce n'est pas à nous qu'il appartient de dire ce que valait sa conception, du point de vue apologétique, et si elle n'offrait pas moins d'avantages et plus de dangers qu'il ne le supposait; car à force de retrouver partout le christianisme, ne risque-t-on pas d'en rendre la transcendance moins évidente ? Du point de vue scientifique, elle était certainement très hasardeuse. Il y a des études qui à un certain degré de leur développement ne semblent pas susceptibles encore des méthodes sévères qui caractérisent la science; elles égarent les esprits les plus éminents. Partis pris, conclusions superficielles et hâtives, assertions tranchantes, rapprochements forcés, érudition improvisée et douteuse, dédain ou mieux ignorance des méthodes précises, tendance à résoudre les questions par l'éloquence, ou à prendre la beauté poétique pour un argument, prétention « de suppléer à la science par le talent », qui voudrait soutenir que les chefs de l'école traditionnaliste, les maîtres, — d'ailleurs assez divers à beaucoup d'égards, — dont Ozanam se réclamait alors, un Chateaubriand, un Lamennais, un Ballanche, un d'Eckstein, un Gœrres*, aient été tout à fait exempts de ces défauts et de ces erreurs? A côté d'une excitation intellectuelle féconde, ils étaient capables de donner les plus détestables exemples. Contre ces exemples, il est vrai, Ozanam se tenait en garde. Jeune et encore obscur, il avait sur ces illustres une grande supériorité : le sentiment fort net que la compétence est nécessaire, et ne s'acquiert que par un travail acharné. « Connaître2, écrivait-il, une douzaine de langues pour consulter les sources et les documents, savoir assez passablement la géologie et l'astronomie pour pouvoir discuter les systèmes chronologiques et cosmogoniques des peuples et des savants, étudier enfin l'histoire universelle dans toute son étendue et l'histoire des croyances religieuses dans toute sa profondeur, voilà ce que j'ai à faire pour parve-

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