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au cours; mais à propos de chaque théorie particulière, il refait l'historique des idées et des lois; et c'est ainsi que la trente-neuvième leçon, qui commence la matière des sociétés, laisse deviner, à travers la sécheresse du résumé, une connaissance remarquable des grandes compagnies de marchands italiens au moyen âge. Ainsi l'historien, dans ces cours, a plus à glaner qu'on ne croirait. Si la Chambre de commerce de Lyon avait voulu un pur praticien, qui se bornât à faire « l'application des textes juridiques aux difficultés de chaque jour ' », elle était loin de compte; elle avait un savant, et qui se faisait de son enseignement l'idée la plus élevée. Il ne semble pas, d'après ce que l'on sait des auditoires qui se pressaient autour du jeune maître, que personne ait rien regretté.
Il s'en faut, d'ailleurs, qu'Ozanam restât dans le domaine des idées pures, etperdîtde vue la fin après tout d'ordre pratique que s'étaient proposée les fondateurs de lachaire. Toujours dans sa leçon d'ouverture, il avait promis de fournir aux négociants, « pour qui le temps est un capital productif », et à qui il ne faut « enlever une partie de leurs loisirs qu'au prix d'un profit certain2 », un enseignement d'une utilité positive et en quelque sorte chiffrable. Mais sa thèse est justement que la théorie est nécessaire à la pratique et la féconde. Il la développe d'une manière bien plus forte dans un article évidemment né de son cours et des rapports qu'il entretint à cette occasion avec le monde de l'industrie lyonnaise. Il y demandait, pour la partie de la jeunesse vouée aux carrières commerciales et industrielles, un enseignement spécial supérieur, à caractèrethéorique, et parallèle à l'ancienne éducation classique. Il rêvait de voir « l'industrie recevant officiellement la consécration delà science,... et s'anobiissant par une alliance publique avec les hautes disciplines intellectuelles ». C'est exactement ce que tendent de plus en plus à faire nos modernes facultés des sciences avec leurs instituts