‹ OzanamChapitre 51 sur 171 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

divers. En lançant l'idée, Ozanam montrait autant de sens pratique que d'avenir dans l'esprit. Nous aurons à relever, dans le genre de son enseignement à la Sorbonne, bien des traits et des habitudes alors générales, aujourd'hui un peu démodées. 11 n'en importait que plus de montrer en lui, à l'occasion, un précurseur.

Ainsi ce cours, qui semble au premier abord une parenthèse bien aride dans la brillante carrière d'Ozanam, lui a été, même pour ses études, moins inutile qu'on ne pourrait le croire, et lui a fourni l'occasion d'acquérir ou de manifester ce sens des réalités et de la vie dont aucun maître ne peut impunément rester dépourvu, si enfoncé qu'il soit par ses études dans un lointain passé. Il est heureux néanmoins qu'il ne s'y soit pas éternisé. En même temps que des cours de droit, on avait créé à Lyon un enseignement supérieur des lettres. Quinet y professait la littérature étrangère. A Pâques 1840, il allait occuper une chaire au Collège de France et inaugurer son enseignement tapageur. On engagea Ozanam à briguer sa succession. Cousin, alors ministre de l'Instruction publique, qui le connaissait depuis sa thèse et l'avait en haute estime, lui promit la place en n'y mettant qu'une condition : Ozanam se présenterait au concours d'agrégation des facultés des lettres, que le ministre venait d'instituer1, et pour lequel, désireux d'en assurerl'éclat, il recrutait des candidats. Personne, ni Cousin, ni surtout le modeste Ozanam, ne regardait le succès comme possible ; il s'agissait de se dévouer à faire un piédestal à quelque autre vainqueur. Ce fut cependant Ozanam qui fut reçu le premier, l'emportant sur des concurrents comme Egger ou Berger, qui ont laissé une réputation dans la science et dans l'Université. L'un des juges du concours avait été Fauriel, qui enseignait à la Sorbonne la littérature étrangère. Il désirait prendre un congé, et avait besoin d'un

Page 1