Mélanges
5. Qu'on lise les pages consacrées au pays basque ; elles sont comme le résumé anticipé de ce que Loti a si amplement et si magnifiquement développé dans Ramuntcho.
il l'a dit lui-même *. Qu'il se préparât avec une rare conscience, cela va de soi, et il est inutile d'y insister. Les mœurs du temps, et surtout son ardeur et sa curiosité, lui imposèrent, malheureusement, il faut le dire, une tâche écrasaute et excessive. Aujourd'hui, avec nos habitudes de division du travail, d'abord il semblerait absurde de n'avoir qu'une seule chaire pour toutes les littératures étrangères, et surtout l'on trouverait tout naturel qu'en pareil cas le professeur se fit une spécialité, selon ses goûts et sa compétence particulière. Ozanam tint à honneur et à devoir de donner un enseignement aussi varié que le titre de sa chaire était vaste. Comme cours principal, et sans préjudice d'heures consacrées à des explications de textes littéraires, il traita successivement, durant les années scolaires 1840-1841 et 1841-1842, de la littérature allemande au moyen âge ; de 1842 à 1845, des origines de la littérature italienne et de Dante; en 1845-1846, des origines de la littérature anglaise2; à partir de 1848 et tant que sa santé lui permit de paraître dans sa chaire, de la civilisation au vc siècle et de l'histoire littéraire des temps barbares ; dans les derniers mois de sa vie, il songeait à aborder la littérature espagnole 3. On verra d'ailleurs que ces études si variées n'étaient pas décousues ; elles s'ordonnaient en un plan d'ensemble, que la mort ne lui permit pas de remplir. Quel caractère a-t-il voulu donner à ses leçons? Il l'a dit dans une lettre curieuse, adressée à sa fiancée, Mlle Soulacroix, au sortir d'un de ses premiers cours4; lettre qui est un document à la fois pour l'histoire de l'enseignement, et pour la psychologie, éternellement semblable à elle-même, de l'entourage des professeurs et des sa-
1. Lettre à son suppléant, Benoît, du 28 février 1853 {Lettres, 11,471) : « Cher ami, après les consolations infinies qu'un catholique trouve au pied des autels, après les joies de la famille, je ne connais pas de bonheur plus grand que de parler à des jeunes gens qui ont de l'intelligence et du cœur. »