‹ OzanamChapitre 60 sur 171 · Caro, loc. cit · texte numérisé non relu

Caro, loc. cit

4. Ainsi, en tète du cours sur la Civilisation au V siècle, les célèbres leçons sur Le progrès dans les siècles de décadence.

France, et où Michelet et Quinet vaticinaient autant qu'ils enseignaient. Quoi d'étonnant, si Ozanam aussi « montait sur le trépied1 », et, bien plus réservé, se livrait cependant d'une manière qui semblerait étrange aujourd'hui. Il n'étonnait pas trop2, il provoquait tout au plus d'affectueux reproches de ses collègues, qui l'invitaient à se ménager3, quand il s'abandonnait à des effusions presque lyriques, ou à des envolées oratoires, qui le laissaient « accablé de fatigue, ébranlé dans tout son système nerveux jusqu'au rire et jusqu'aux larmes4 »; ou lorsqu'il prenait ses auditeurs à témoin de sa résolution de mourir à leur service5, ou quand, en janvier 1849, il les invitait tour à tourà souscrire en faveur de Pie IX, réfugié à Gaëte6, et de Venise, assiégée par l'Autriche7. Ajoutons qu'il leur demandait d'en agir avec lui comme lui-même, étudiant, en avait agi avec Jouffroy ou Letronne; il provoquait de leur part des objections écrites auxquelles il répondait publiquement8. Son cours était donc quelque

1. « Je ne me tiens pas sur le trépied », écrivait-il en 1852, par opposition avec ses habitudes antérieures (Lettres, II, 374).

2. Cependant il lui arrivait de faire sourire, et il le voyait. Cf. la lettre (à sa fiancée) du 6 février 18'tl (Lettres, I, 396) : « Si quelques mots de sentimentalité me viennent avec un peu de chaleur, je vois dans l'auditoire quelques visages bien connus prendre une expression d'intelligence maligne, et les voisins se pousser le couJe. Mais ils n'en sont pas moins contents, et l'espièglerie des compliments qu'ils me font ensuite ne m'offense pas. »

3. Cf. le discours de V. Le Clerc sur la tombe d'Ozanam : « Prenez garde, lui disais-je, dès la première année de son cours ; modérez cette verve qui vous emporte, soyez toujours un orateur, mais un orateur plus calme ; cette parole vive, émue, passionnée, qui éclate et retentit après de longues méditations, cet enthousiasme dont vous n'êtes point le maître et qui vous domine, cette excitation nerveuse, presque fébrile, inquiète pour vous vos amis. Songez à l'avenir; nous voulons que vous ne retranchiez rien de cet avenir qui vous est dû, nous le voulons pour vous et pour nous. »

Et lui-même il m'écrivait de Pise, au mois de mars dernier : « Je n'ai point assez écouté vos conseils, lorsque vous m'invitiez à tempérer une fougue qui a trop tôt épuisé mes forces. »

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