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l'historien 189
société, dans la vie à venir, dans les êtres extérieurs aux influences desquels la nature humaine est soumise*. » On voit le rapport entre cette division2 et les trois parties de la trilogie dantesque ; « les conceptions savantes de la raison entreront comme d'elles-mêmes dans le cadre poétique donné par la tradition religieuse : Enfer, Purgatoire et Paradis2, » ; et Ozanam s'assurera le moyen de concilier jusqu'à un certain point les avantages de l'exposition systématique avec ceux du commentaire.
Le mal se rencontre soit dans l'intelligence, où il s'appelle l'ignorance et l'erreur, soit dans la volonté, où il revêt trois formes principales, « les trois dispositions que le ciel ne veut pas4, l'incontinence, la malice et la brutalité 5 «(classification empruntée à Aristote et qui domine la géographie infernale 6). Dans la volonté, il résulte du dérèglement de l'amour, « principe nécessaire de toute activité », qui « peut errer dans son objet en s'écartant vers le mal », qui « peut errer aussi dans l'excès ou l'insuffisance de son énergie, en demeurant dirigé vers le bien7 ». De là une classification des péchés capitaux qui diffère de celle qui est communément reçue et aussi de celle de saint Thomas, mais est empruntée à saint Bonaventure8. Le mal n'est pas seulement dans l'individu, mais dans la société et dans l'histoire, qui ne sont que l'agrandissement de l'individu dans l'espace et dans le temps : les égarements religieux, politiques et sociaux de l'humanité justifient les
t. Ibid., p. 9?.
2. D'ailleurs suggérée à Ozanam par un des plus anciens commentaires de la Divine Comédie, déjà signalé, mais encore inédit au temps où il écrivait, celui du iils de Dante ui-mème, Giacopo di Dante (Ozanam l'utilisait d'après un manuscrit de la Bibliothèque Nationale) . Partout on le retrouve sagement attentif à ne pas inventer, à retrouver l'état d'esprit du Moyen Age.