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furieuses satires dontlz Divine Comédie est remplie. Le mal ne se rencontre à l'état absolu, pour ainsi dire, que dans la perdutagente, dans la cité des méchants. Sur terre, il lutte avec le bien; et cette lutte ayant pour théâtre l'homme, qui vit dans le monde et qui en dépend, ce sera l'occasion d'exposer l'anthropologie et la cosmologie de Dante, sa théorie de la conception et de la survie des âmes, sa logique, son analyse des passions dérivant toutes de l'amour. La lutte s'achève par la purification du mal et le triomphe du bien, dans le Purgatoire. Le bien enfin résulte pour l'homme de l'accomplissement de ses deux destinées d'ici-bas, « l'une active, où il s'efforce d'opérer luimême, l'autre contemplative où il considère les opérations de Dieu et de la nature. Ces deux destinées, figurées dans l'Ancien Testament par Lia et Rachel, dans le Nouveau par Marthe et Marie, sont représentées dans le poème [de Dante] par Mathilde, la grande et énergique comtesse, et par Béatrix, la sainte inspirée ! . » Elles sont aussi proposées comme fin à l'humanité prise dans son ensemble, à l'humanité conduite et encadrée par les organisations politique et religieuse. La monarchie impériale et la monarchie pontificale, universelles chacune dans sa sphère et parfaitement distinctes, réalisent autant qu'il peut/ l'être sur terre le bien temporel et le bien spirituel. Mais la satisfaction complète du bonheur dont l'homme est capable, il ne la trouvera que dans la contemplation de Dieu enfin dévoilé; la théodicée couronne tout cet exposé philosophique, comme le Paradis est le terme de la Divine Comédie. Restait à rechercher les sources de ces doctrines et à leur assigner leur place dans l'histoire de la pensée humaine. Il n'y avait peut-être pas lieu de parler d'influences orientales: Ozanam s'est beaucoup exagéré la connaissance que le xme siècle, et Dante en particulier, pouvaient avoir des doctrines brahmaniques ou bouddhiques. Les ressemblances qu'il signale, ou sont des rencontres inévitables
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de l'esprit humain, ou font pensera la philosophie grecque et arabe beaucoup plus qu'aux spéculations de l'Extrême- Orient. Il semble bien aussi exagérer l'influence de Dante sur l'avenir; et lorsqu'il lui attribue une vague prévision de l'attraction universelle, de la découverte de l'Amérique, ou des théories géologiques, il est dupe de rapprochements verbaux. Ce qui est parfait de science, de justesse et de mesure, « ce qui témoigne éloquemment de l'étendue de ses études1 », ce sont les pages où il montre chez Dante « un éclectique chrétien2» (l'expression n'était-elle pas d'actualité, et une innocente politesse à l'égard de Cousin?) Dante concilie en lui le platonisme et Paristotélisme, le mysticisme et le rationalisme, saint Bonaventure et saint Thomas (qu'il associe, aux chants X à XIII du Paradis, dans une égale admiration); il emprunte à celui-ci sa méthode rationnelle et l'ensemble de sa doctrine, à celui-là une bonne part de ses théories morales, sur les rapports de l'erreur et du vice, de la vertu et du savoir, du physique et du moral; il est original précisément par la largeur d'esprit avec laquelle il se place au-dessus des systèmes et des écoles, et les rapproche dans une harmonieuse synthèse, résumé de la sagesse du Moyen Age3.
1. Expression de l'article, cité plus loin, de Y Allgemeine Literaturzeitung de Halle.