‹ OzanamChapitre 77 sur 171 · Kraus, Dante, sein Leben und sein Werk · texte numérisé non relu

Kraus, Dante, sein Leben und sein Werk

l'historien 201

beaucoup de patience les textes trouvés par autrui •. Nous avons fait allusion déjà à la découverte qu'il lui était réservé de faire dans ce domaine. Au cours de sa mission en Italie, en 1847, il rencontra dans un manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, deux petits poèmes : De la Jérusalem céleste et De Babylone, cité d'Enfer, dus à un franciscain jusqu'alors tout à fait inconnu de la fin du xme siècle, frère Giacomino de Vérone. Il les publia2 dans ses Documents inédits*, avec une annotation qui expliquait les idiotismes les plus difficiles du dialecte véronais, et signalait les parallélismes avec Dante. Dans son introduction, laissant aux spécialistes le soin d'en faire ressortir l'intérêt philologique, qui est considérable 4, il en relevait l'intérêt littéraire et surtout historique, qu'il avait tout de suite reconnu. Sans doute Giacomino en lui-même est d'ordinaire un assez plat rimeur. Encore ne faut-il pas trop le déprécier. Sa description de la Jérusalem céleste évoque curieusement les splendeurs des mosaïques absidales, où le même sujet est traité dans une autre technique. Son Enfer a quelques traits saisissants de bouffonnerie sinistre, et une scène d'une incontestable grandeur, qui eût mérité que Dante s'en emparât pour l'immortaliser5 : c'est la rencontre du père et du fils, damnés l'un pour l'autre : « Pour toi, dit le père, pour que tu fusses plus à l'aise, j'ai abandonné Dieu, m'enrichissant d'usures et de rapines. »

1. Déjà dans son Dante, il avait donné en appendice un poème français inédit : la Vision de saint Paul.

2. En s'aidant, comme il l'explique (Documents, p. 134), d'une copie annotée de Tommaseo.

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