‹ OzanamChapitre 86 sur 171 · Documents, p · texte numérisé non relu

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pouvons nous en tenir à ces exemples. Tout cela est un modèle achevé de deux défauts insupportables: l'allégorie baroque, et le développement à tiroirs. Mais le temps est passé où les belles œuvres seules paraissaient dignes de retenir la critique. De même que le naturaliste s'inquiète peu de savoir si un animal est beau, mais s'il comble une lacune dans une série; de même l'historien de la littérature pourra s'arrêter devant des œuvres médiocres, mais qui représenteront de façon typique un moment, un genre, parfois un travers et une mode. Ozanam a très bien montré quel est de ce point de vue l'intérêt de Y Intelligent zia. Ce poème est la contamination de deux genres : la poésie allégorique didactique, et les romans chevaleresques français ; et le symbolisme qui y domine, la doctrine de l'amour platonique qui le pénètre, aident à mieux connaître le terrain dans lequel germa la Divine Comédie*. Ainsi « le hasard des bibliothèques », pour parler comme Ozanam, lui avait été favorable et l'avait aidé à payer dignement « la dette de l'hospitalité» à l'Italie savante et polie. Et ce qu'il dit si gracieusement de Vintelligenzia peut s'appliquer à son recueil tout entier.

D'Italie, Ozanam avait rapporté autre chose encore que ses Documents inédits. « Avec ces rares épis, glanés dans le champ où Muratori et ses successeurs ont si bien moissonné, j'avais cueilli, dit-il, quelques fleurs de poésie, comme le liseron mêlé au blé mûr2. » Le bouquet qu'il forma de ces fleurs, ce furent les Poètes franciscains. Il a raconté lui-même comment le dessein de son livre se déroulait dans son esprit, au sortir d'Assise, à mesure qu'il voyait « fuir les blanches murailles du Sagro Convento, la ville qui dort sous sa garde, et le coteau qu'elle domine,

1. Sur la question de Ylntelligenzia, voir l'ouvrage cité de Del Lungo.

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