‹ OzanamChapitre 87 sur 171 · Les Poètes franciscains (1882), p · texte numérisé non relu

Les Poètes franciscains (1882), p

l'historien 221

doré des derniers rayons du soleil1 ». Il le publia par fragments dans les années suivantes, et en volume en 1852. A en juger par le nombre des rééditions, c'est peut-être le plus populaire de ses ouvrages. Le succès en fut aussitôt très vif, et très mérité, dans les milieux religieux. C'était uncharmantlivre d'édification. Mais c'était aussi un livre d'histoire, et très sérieux, si le mouvement religieux et moral qu'a inauguré saint François a été un des grands faits du Moyen Age, et s'il est fort important pour la science d'en éclairer tous les aspects. On n'a pas dépassé les pages exquises où Ozanam a montré, après Gœrres2, mais mieux que Gœrres, ce qu'il y eut dans l'âme du pénitent d'Assise de joie expansive, de gaîté, d'amour pour toutes les créatures, d'enthousiasme pour la beauté du monde, de sentiment poétique et musical ; et comment même il adaptait à ses idées mystiques certaines habitudes de langage des troubadours. Grâce aux Poètes franciscains , il faut quelque bonne volonté pour croire que Renan, Gebhart et Sabatier aient découvert saint François. Le livre tient plus encore que ne promet son titre. Ce ne sont pas les seuls poètes, au sens propre du mot, qu'Ozanamy passe en revue. Pour lui, « dans ces temps héroïques de l'ordre franciscain, on peut dire que la poésie est partout3 », aussi bien dans les légendes qui finissentpar s'épanouir dans le recueil des Fiorettik, que dans telle dévotion gracieuse, commel'Angelus, popularisée, imaginée peut-être, parles Franciscains. Mais ce courant de poésie diffuse finit par se concentrer, à la fin du xme siècle, en un vrai poète, j'allais dire un poète de profession, le bienheureux Jacopone de Todi. Les deux chapitres qu'Ozanam lui consacra sont, croyons-nous, la

Page 1