Poètes franciscains, p
l'historien 227
fort minutieux. Il fallait dresser une espèce d'inventaire des poésies franciscaines, avec une sévère revision des attributions traditionnelles. Il a commis ou mieux conservé certaines erreurs d'attribution; et la sincérité exige qu'on les relève pour elles-mêmes et à titre d'exemple, parce que ces erreurs ne sont pas tout à fait accidentelles ; elles révèlent le côté où il penche, quand il ne se surveille pas ; elles accusent un défaut qu'on est bien obligé de reconnaître dans sa manière de travailler. Il passe un peu vite sur ce qui lui paraît à tort des détails; il a un souci insuffisant des problèmes de critique, et une manière trop désinvolte de les traiter par le sentiment. Sur trois poèmes italiens longtemps attribués à saint François, il n'y en a certainement qu'un seul d'authentique, le Cantique du Soleil. Les laudi : Infoco Amor mi mise, ei Amor dicaritade, sont non moins certainement de Jacopone de Todi. Ozanam n'avait pu, ainsi qu'il le raconte,/, consulter la dissertation2, en effet très rare, où le P. Affo l'avait démontré dès 1777. Mais ses propres conclusions sont d'autant plus déconcertantes, qu'il a été sur la voie de la vérité, qu'il l'a comme touchée du doigt sans la saisir. L'un et l'autre de ces poèmes figurent, dans les manuscrits et dans les anciennes éditions, parmi les œuvres de Jacopone. L'un et l'autre, par leur arrangement en vers à peu près corrects, groupés en strophes régulières, et régulièrement rimes, diffèrent tout à fait du Cantique du Soleil, qui est assurément de la poésie, qui est à peine des vers3. L'un et l'autre cependant ont été attribués à saint François par saint Bernardin de Sienne (témoin, en l'espèce, de nulle autorité), et à sa suite, par beaucoup d'autres. Voilà ce que sait et dit Ozanam; or il retire bien à saint François Y Amor di caritade ; mais dans la préoccupation fort discutable de « concilier toutes les traditions », au lieu de choisir