La Civilisation chrétienne chez les Francs, p
nam bien des erreurs de fait. La plupart proviennent d'une même cause : plusieurs des mentions d'écoles ou d'études qu'il avait relevées sont empruntées à des vies de saints mérovingiens qu'avec tous les érudits de son temps il croyait contemporaines. Aujourd'hui qu'elles sont reconnues pour être de l'époque carolingienne, elles ont perdu toute autorité. D'autre part, il ne s'est pas assez nettement défini à lui-même les mots de lettres, d'écoles ou d'instruction. Partout où il les rencontre, il se figure une culture supérieure, à la romaine, alors qu'ils peuvent très ];ien désigner une instruction ou primaire, ou purement ecclésiastique; ou encore un apprentissage administratif. L'élimination de certains textes, l'interprétation plus serrée dés autres, ont notamment fait évanouir cette école du palais des rois mérovingiens, dont à la suite de dom Pitra', Ozanam avait admis l'existence2. Depuis les travaux de M- l'abbé Vacandard3, il n'est plus guère possible d'en parler. Alors même que les textes visent bien un enseignement classique, Ozanam s'en exagère le niveau. S'il lit dans Grégoire de Tours qu'un certain sénateur Félix avait étudié Virgile, le Code Théodosien et le calcul, il ne se demande pas jusqu'à quel degré; il s'écrie4: « Virgile commenté par Servius et Macrobe, c'était toute la poésie, toute la philosophie, toute la mythologie latine. Le Code Théodosien résumait la législation des empereurs chrétiens; le calcul comprenait toutes les sciences mathématiques ! » De même, il s'exagère la valeur des œuvres littéraires que l'époque mérovingienne a produites; il admire là où l'indulgence suffirait, ou même la pitié. De même encore, il accepte sans réserve les éloges banaux des hagio-