‹ Ozanam, livre du centenaireChapitre 21 sur 192 · I. OzANAM, op. Ctt.,p · texte numérisé non relu

I. OzANAM, op. Ctt.,p

brève route de l'existence, les chastes énergies de quelques jeunes hommes, recrue continuelle de l'apostolat chrétien, qui semblent de prime abord, pour reprendre le mot de Bossuet dans son sermon sur la mort, les pousser de l'épaule, et leur dire « retirez-vous, c'est maintenant notre tour », mais qui tout simplement les pressent, non pas encore de mourir, mais de mener une vie toujours plus pleine, toujours plus féconde.

A l'automne de 1 83 1 , les parents d'Ozanam l'envoyaient à Paris, pour étudier le droit; il comptait, lui, y faire quelque chose de plus: réunir des jeunes gens. Les premiers jours furent sombres : vivre loin de sa mère, seul, désemparé, dans une médiocre pension de famille où les convives, « ni chrétiens ni turcs », violaient la loi du maigre et voulaient le faire jouer aux cartes, cela lui paraissait fort désagréable. Il s'en plaignait à sa mère, à Faleonnet1. Mais il espérait, quand même, parvenir à fonder ce groupement déjeunes, dont la vision le hantait. Il y avait quelques mois seulement que des attroupements lugubres avaient regardé la Seine charrier des manuscrits et des livres, débris précieux, et perdus à jamais, du pillage de l'Archevêché2 ; et quelque barbare qu'eût été cette émeute, quelque barbare, aussi, qu'eût été le sac de Saint-Germain-1'Auxerrois, Duvergier de Hauranne, à la tribune, avait affirmé que ces dévastations étaient l'œuvre des jeunesgensdesécoles, etnondes ouvriers de Paris3. C'est pourtant à cette même jeunesse des écoles qu'Ozanam, sans crainte, allait demander les éléments d'un renouveau

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