I. Lettres d'Ozanam, I, p
a. Univers, ai mai 1 835.
3. Chocarne, Le P. Lacordaire, sa vie intime et religieuse, 9e édit., I, p. i5i.
« muse virginale » de ce Lamartine1, si bon, si généreux, qui lui avait fait tant plaisir, une fois, en venant lui rendre visite 2. Les louanges que le poète donnait au Coran dans son Voyage en Orient causaient à Ozanam quelque peine3; la mise à l'index de Jocelyn, en 1 836, aggrava son amertume*.
Nous sommes punis, concluait-il, nous catholiques, d'avoir mis plus de confiance dans le génie de nos grands hommes que dans la puissance de notre Dieu. Nous sommes punis de nous être appuyés sur ces roseaux pensants, quelque mélodieux qu'ils fussent; ils se sont brisés sous notre main5.
Et une autre fois : « Nous ne pouvons pas, jeunes gens chrétiens, penser à remplacer ces hommes; mais ne pourrions-nous pas en faire la monnaie, et combler par le nombre et le travail la lacune qu'ils ont laissée dans nos rangs 6! »
Mais le nombre, c'était à lui de le recruter; le travail, c'était à lui de le diriger. Il se rendait compte, avec frayeur, avec un certain recul parfois, de ce que les jeunes attendaient de lui.
Il voyait très clairement, dès i834, qu'on voulait faire de lui, parce que Dieu et l'éducation l'avaient doué de quelque étendue d'idées, de quelque largeur de tolérance, un chef de la jeunesse catholique7 ; qu'on le mettait à la tête de toutes les démarches ; qu'on le sollicitait pour les présidences de toute une série de réunions ; qu'une demidouzaine de journaux réclamaient sa prose, qu'une foule de circonstances, indépendantes de sa volonté, l'assié-
i. Lettres d Ozanam, I, p. i5o.
a. Lettres d' Ozanam, I, p. 1 36.
T. Lettres d'Ozanam, I, p. 147.